C'est le gouvernement qui a, en ce moment, un problème avec les femmes. Je parle de la réforme des retraites, évidemment. Le débat, clairement, s'est décalé depuis quelques jours. Avant le passage du texte à l'Assemblée, on ne parlait que de la "pénibilité". Quelques avancées ont été obtenues, sans satisfaire les syndicats, mais voilà, on semble passer à autre chose puisque dans la perspective du débat au Sénat, c'est le sort des femmes qui est, désormais, en pointe. Soyons clairs... sous-jacente... c'est à chaque fois, pour les syndicats, une façon de s'attaquer aux "bornes d'âge" que modifie la réforme. Parler "pénibilité", c'est tenter d'effacer les injustices créées par le relèvement de l'âge légal, de 60 à 62 ans. Evoquer la retraite des femmes, c'est s'attaquer à l'autre mesure "phare" de la réforme: le passage de 65 à 67 ans, de l'âge à partir duquel on peut partir à la retraite, sans décote, même si on n'a pas validé tous ses trimestres. Aujourd'hui, ce sont majoritairement les femmes qui liquident leurs retraites, à 65 ans. Leurs carrières morcelées (pour mettre au monde, puis élever les enfants), l'évolution de carrière qui en pâtit ensuite, le travail précaire (les temps partiels subi dans les métiers dits "féminins": on pense, évidemment, aux caissières des supermarchés), et, enfin, les écarts de salaires hommes/femmes, qui persistent (à niveau de compétences égales)... tout ça contribue à faire que les femmes -aujourd'hui mais aussi demain- touchent, et toucheront, des pensions bien plus faibles que celles des hommes. Face à cet implacable constat, certains sénateurs de la majorité (et Gérard Larcher, lui même... le président du Sénat) promettent d'agir... réfléchissent à des dérogations, pour les femmes (mais aussi les hommes) qui se sont arrêtés de travailler pour élever des enfants. La Halde, la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité, avance, elle aussi, ce matin, des propositions qui vont dans le même sens. Et ça va forcément peser. Jusque-là, le gouvernement se montré inflexible sur les 67 ans et les femmes. Il avance ses contre-arguments comme celui-ci: "ce n'est pas aux caisses de retraite de corriger les injustices du monde du travail". Il apparaît, pourtant, de plus en plus isolé sur cette question. Total... plantage. Près de 20.000 salariés de Total sont concernés. C'est L'Expansion.com qui révèle l'information. Le service de paie, chez Total, s'est trompé, cet été en distribuant les primes d'intéressement: les salariés du bas de l'échelle ont trop perçu, les cadres (et certains de haut niveau), n'ont pas touché assez: entre 100 et 600 euros de manque à gagner, pour eux. Pour corriger l'erreur -on l'a compris-, il faut donc maintenant que les ouvriers donnent de l'argent à leurs chefs. Chez Total, on cherche encore la bonne méthode pour y arriver. En tout cas, l'idée de laisser le trop perçu aux bas salaires n'a pas été retenue. Niches, suite. Les effort budgétaires quelque peu "en trompe-l'oeil" de François Fillon. Hier, il annonçait que la réduction des niches fiscales rapporterait 12,5 milliards d'euros, en 2012. Contre 10 milliards, l'année prochaine. Matignon a dû préciser qu'il ne s'agira pas de mesures supplémentaires, mais simplement de la montée en puissance des économies déja décidées.

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