Ce n'est pas une décision épidermique, un mouvement d'humeur, ou un agacement. C'est, au contraire, un "diagnostic clair, fondé sur des faits inconstestables". C'est ainsi que se justifie Bruno Lasserre, le président de l'Autorité de la concurrence, qui a frappé un grand coup, hier. Et prouvé, par la même, son indépendance, et (disons-le) son courage. L'Autorité de la concurrence, hier, a lourdement sanctionné Canal+. 30 millions d'euros d'amendes, et surtout, l'annulation de la fusion avec le bouquet satellite TPS. Canal+ dénonce une décision "disproportionée". Promet de la contester en justice. Certains observateurs s'étonnent, eux, qu'une telle décision arrive si tard. Tous, évidemment, souligent qu'il sera, de toute façon, impossible de revenir en arrière, et de relancer TPS, fondu dans CanalSat. C'est évident, mais pour l'Autorité de la concurrence, c'est une question de principes (bafoués). Et elle n'a rien d'un coup d'épée dans l'eau puisque la décision d'hier, relance un processus de négociations avec Canal+, et l'Autorité a bien l'intention d'imposer de nouvelles règles au champion français de la télé payante. D'autant que, parallèlement, la chaîne cryptée va devoir, dans les prochains mois, négocier (toujours avec l'Autorité de la concurrence) les conditions de son dernier "coup d'éclat": le rachat de Direct 8 et Direct Star, 2 chaînes de la TNT. Canal+, la gourmande, va, donc, devoir se la jouer "modeste" -un rôle de composition-. Et prouver qu'elle va, enfin, accepter les règles d'une concurrence loyale. Le rapport publié hier est édifiant, à cet égard. En 2005, en rachetant TPS, Canal+ avait pris 59 engagments, précis, pour permettre, notamment, aux fournisseurs d'accès à Internet de devenir de vrais concurrents à son bouquet CanalSat. 10 de ces engagements n'ont pas été respectés. Et pas les moins importants. Certains étaient essentiels. Pour l'Autorité de la concurence, la chaîne cryptée les a délibérément bafoués pour maintenir sa position ultra-dominante. Autrement dit, il y a bien un "esprit canal"... un esprit de prédateur!

La crise de la dette, en Europe, profite à l'Allemagne! La Bundesbank a annoncé, hier, avoir émis un emprunt à 10 ans, avec un taux d'intérêt à moins de 2%. C'est une première. Alors les taux réclamés à la Grèce, à l'Italie ou à l'Espagne s'envolent, l'Allemagne, elle, s'endette à un coût de moins en moins élevé, les investisseurs préférant la sécurité. A court terme, l'Allemagne se finance même à taux zéro, ou presque.L'agence Fitch, cette semaine, a confirmé la note "triple A" du pays.Des sous pour les banques! Le FMI le répète: il faut recapitaliser les banques européenne. La crise de la dette a augmenté de 300 milliards d'euros, les risques encourrus par les établissements bancaires: ils doivent donc se renforcer pour faire face aux pertes potentielles. A la bourse de Paris, la rumeur circule d'une entrée possible du Qatar au capital de BNP Paribas.

Twist. La Réserve Fédérale Américaine choisit le "twist" (on en parlait, ici même, hier), autrement dit un nouvel assouplissement monétaire, pour relancer l'activité aux Etats-Unis. La FED, hier, a annoncé un plan de 400 milliards de dollars.

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