En janvier dernier, déjà: le même suspens, la même rumeur. Finalement démentie. C'était à Davos, en plein Forum Economique Mondial. C'était certain: Moody's allait dégrader la note de la France. La nouvelle était sur toutes les lèvres, le ministre Pierre Moscovici, sur place, était assailli de questions. A l'heure dite (puisque désormais, les agences, pour éviter les effets de surprise désastreux, doivent rendre publics leurs avis à date et heure fixées longtemps à l'avance), en ce mois de janvier, vendredi soir, après la fermeture de Wall Street, Moody's, contre toute attente, n'avait pas modifié la note française: Aa1, soit un cran en-dessus du niveau maximum. 8 mois plus tard, fin de semaine dernière: la même histoire! C'est vendredi soir que Moody's, à nouveau, devait dire si elle maintenait ou pas la note française. Depuis 2012, et la première dégradation du pays (par Standard&Poor's), on a arrêté de se faire peur: ces mauvaises nouvelles n'ont aucune influence sur les conditions de financement de la dette française. En tout cas, jusqu'ici. C'est même l'inverse: la France ne s'est jamais endettée à des taux d'intérêt si faibles. C'est politiquement qu'une dégradation est compliquée à gérer. Et c'est pour ça que la rumeur d'une nouvelle dégradation de France a, rapidemment, pris jeudi dernier, à quelques heures de la conférence de presse de François Hollande. Cette fois-ci, pas de bouche à oreille entre journalistes ou entre "happy few", c'est le Journal "l'Opinion" qui affirme, sur son site internet, que le gouvernement vient d'être informé de la dégradation à venir. La nouvelle se répand très vite. Bercy dément formellement l'information. Questionné à l'Elysée, le Président de la République nie, à son tour, être informé de quoique soit, 24 heures avant l'annonce officielle. La rumeur persiste, des économistes expliquent pourquoi la France n'échappera pas, cette fois-ci, à une nouvelle humiliation. Mais vendredi soir, après la fermeture de Wall Street, Moody's maintient, finalement, la note de France: "le fardeau de (sa) dette reste soutenable", écrite-elle. Comme en janvier dernier, l'information était fausse sauf que, cette fois-ci, le gouvernement a chargé l'Autorité des Marchés Financiers de remonter à la source de cette rumeur, qui a eu, selon Bercy, un "impact sur les marchés". L'enquête a commencé.

Suite. La grève se poursuit à Air France. 2ème semaine de conflit. Et pas une seule séance de négociations, ce week-end! Ce que craignait la direction avant le début de ce mouvement, se produit: cette grève devrait compromettre le retour à l'équilibre, cette année, des comptes d'Air France-KLM. Chaque journée de grève coûte à la compagnie, entre 15 et 20 millions d'euros nets, c'est-à-dire une fois retirées les économies réalisées sur le kerozène. Le développement de la filiale low cost d'Air France reste au coeur du conflit. "Développement essentiel, mais aux conditions des compagnies à bas coûts", pour la direction. Du "dumping social" pour les syndicats, qui réclament un statut unique pour les pilotes.

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