C'est le JDD, ce week-end, qui a révélé ce détail: à Brégançon vendredi, à l'issue de la réunion de travail, organisée autour de Nicolas Sarkozy, un déjeuner a été servi aux ministres présents. Au menu: salade de haricots verts et foie gras accompagnés d'un toast au beurre d'anchois, gigot-courgettes et salade de fruits, doublée d'un sorbet cassis. Au menu également, la rigueur. La même que celle d'avant les vacances, c'est-à-dire "celle-qui-ne-dit-pas-son-nom". Après les coupes dans les dépenses, avant les mesures concernant la Sécurité sociale, ce sont bien des hausses d'impôts, qui ont été décidées dans le décor rassurant, apaisant, estival du Fort de Brégançon. Les 10 milliards de "coupes" dans les niches fiscales représenteront bien 10 milliards d'impôts supplémentaires. Mais comme l'explique François Baroin, dans le Figaro ce matin: "nul n'est obligé d'utiliser une niche fiscale pour réduire son impôt, c'est une décision personnelle". L'argument, à coup sûr, va faire parler! La rigueur est donc, bien là. Elle s'installe. Elle s'intensifie. Et elle fâche déjà un député UMP. Alors certes, c'est un habitué des coups de gueule puisqu'il s'agit de Jacques Myard, mais dans un communiqué (à froid, donc), le député s'énerve contre les décisions prises à Brégançon. Il ne s'en prend pas directement au Chef de l'Etat, ou au gouvernement, mais aux agences de notations. Ce sont elles, selon lui, qui ont pesé fortement sur les arbitrages rendus. "Il suffit que l'une de ces agences fronce les sourcils pour que les gouvernements taillent dans leurs dépenses, les avantages fiscaux, au risque, d'ailleurs certain, de mettre à mal la timide reprise de la croissance": voilà ce qu'écrit Jacques Myard dans ce communiqué. Avant de dénoncer, carrément, le "terrorisme" des agences de notations. Au delà de l'excès, il a le mérite d'expliquer comment, effectivement, on est passé, début août, de ce qui était présenté comme une "bonne nouvelle" (le rebond de la croissance: +0,6% au 2ème trimestre) à des mesures de rigueur renforcées, fin août. Entre temps, effectivement, une agence de notation a, clairement, menacé la France d'une dégradation de son note internationale, le fameux "triple A". François Baroin part à la "chasse aux niches" mais se veut rassurant! Le ministre du budget accorde une longue interview au Figaro, ce matin. Il explique comment il compte s'y prendre pour boucler le budget 2011, projet de budget qu'il doit présenter dans un mois exactement. Il donne quelques précisions sur la réduction de 10 milliards d'euros, attendue sur les niches fiscales. Seules les niches "voulues", choisies par le contribuable, seront touchées, affirme-t-il: certaines seront supprimées, d'autres seront recentrées. En revanche, François Baroin le promet: les avantages fiscaux accordés aux ménages les plus fragiles, ou encore les avantages familiaux seront épargnés par la rigueur. Il est bien moins catégorique concernant les revenus tirés de l'épargne. Lagadre, aussi. Comme si elle ne souhaitait pas laisser tout le terrain médiatique à son collègue de Bercy, Christine Lagarde, elle aussi, s'exprime ce matin. La ministre de l'Economie a choisi le "journal des décideurs", le Financial Times. Elle répète -face aux critiques et aux doutes exprimés (et que rappelle le journal)- que le gouvernement français fera "tout le nécessaire" pour réduire son déficit budgétaire, à 6% l'année prochaine. Bon été. La saison touristique estivale a été "très satisfaisante", selon Hervé Novelli, le sécrétaire d'Etat au tourisme. "On a retrouvé des niveaux de fréquentations comparables à ceux enregistrées avant la crise", dit-il.

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