Un "triple A" sous la menace accrue des agences de notation, un parti "anti-immigration" et "anti-européen" qui joue les trouble-fête, une classe politique divisée face à la rigueur. Nous ne sommes pas en France, mais aux Pays-bas! C'est l'autre mauvaise nouvelle du week-end pour Angela Merkel, avec les difficultés, en France, de Nicolas Sarkozy: la Haye, traditionnel allié de l'Allemagne sur le plan économique, vit depuis samedi une crise politique, sur fond de réduction du déficit budgétaire. Cette crise pourrait se traduire, dès ce matin, par la démission du gouvernement, et la convocation d'élections générales. C'est arrivé samedi avec l'échec des négociations sur le budget 2013 des Pays-Bas. Sous la pression du Bruxelles, le gouvernement néérlandais (minoritaire de centre-droit) cherche à réaliser autour de 16 milliards d'économies nouvelles, histoire de faire passer le déficit en dessous de la barre des 3% du PIB. Hausse de la TVA, gel des salaires des fonctionnaires, accélération de la réforme des retraites, coupes dans les dépenses de santé et dans l'aide aux pays en développement: voilà les mesures qui étaient envisagées et que négociait depuis début mars, le gouvernement avec le parti d'extrême-droite, le "Parti de la Liberté" (15%, aux dernières élections). Il ne fait pas partie du gouvernement, mais le soutient. En tout cas, le soutenait jusqu'à samedi. Jusqu'à qu'il claque la porte, refusant, notamment au nom des plus âgées, des retraités, le nouveau "tour de vis budgétaire" réclamé. Le gouvernement néérlandais, minoritaire, n'a plus beaucoup de choix: sans ce soutien, et face au refus des Socialistes de parler rigueur, il pourrait présenter sa démission, dès ce matin, à la reine Béatrix. Cette nouvelle donne place les Pays-Bas dans une situation délicate, vis-à-vis des agences de notation. A la Haye, on s'attend, désormais, à une dégradation rapide de la note du pays, faute de majorité sur le budget. Avec l'Allemagne, la Finlande, le Luxembourg, il pouvait se targuer d'obtenir la meilleure note auprès des 3 grandes agences, contrairement à la France et à l'Autriche, dégradés mi-janvier par Standard&Poor's. Après le sud de l'Europe, c'est le Nord qui semble, aujourd'hui, rattrapé par le refus de la rigueur.

Douceur. Avec Cadum, la célèbre marque de produits d'hygiène pour les bébés. Elle est à vendre, et c'est l'Oréal qui serait bien placé pour la reprendre. Selon les Echos, ce matin, le numéro 1 mondial des cosmétiques serait, désormais, le seul en lice pour la reprise de Cadum, valorisé autour de 200 millions d'euros. La marque fondée en 1907 s'est diversifiée depuis quelques années: aux produits pour bébés s'est ajoutée une gamme complète. L'Oréal, en rachetant Cadum, souhaite accélérer son développement à l'international.Rigueur. La BCE inflexible. Ce week-end, les appels se sont multipliés, à Washington où se tenaient les réunions de printemps du FMI... appels pour que la Banque Centrale Européenne soutienne, plus qu'aujourd'hui, la croissance, dans la zone euro. Unanimes, ses dirigeants ont redit leur opposition, par exemple, à une baisse des taux d'intérêt ou à l'injection de nouvelles liquidités dans le système bancaire européen.

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