Par Bruce de Galzain.

Après la baisse du prix de l'essence, c'est la seule mesure que le Président a trouvé pour relancer le pouvoir d'achat des Français : le déblocage exceptionnel de l'épargne salariale. Cet après-midi, les députés de la commission des affaires sociales à l'Assemblée se saisissent de la proposition de loi qui devrait être adoptée d'ici le 1er juillet. A partir de cette date, pendant six mois, tous les salariés qui disposent d'une participation ou d'un intéressement pourront retirer en une seule fois jusqu'à 20.000 euros sans payer de prélèvements sociaux et même d'impôt sur le revenu ! En revanche Perco et fonds solidaire ne sont pas concernés. L'idée c'est que cet argent soit dépensé pour relancer la consommation et aide à boucler les fins de mois. Le rapporteur du budget à l'Assemblée Christian Eckert qui portera la proposition de loi s'est d'ailleurs laissé convaincre par ce dernier argument la situation sociale est difficile alors si ça peut aider dit-il ! Et il balaye la critique de certains affirmant que l'épargne est souvent détenu par des salariés de grands groupes plutôt protégés, selon Christian Eckert la question du pouvoir d'achat touche aujourd'hui beaucoup de monde et notamment la classe moyenne. Mais cet argent, comment sera-t-il dépensé ? Eh bien les précédents en 2005 et 2008 montrent que seulement un tiers des sommes sont consommées et souvent pour acheter des produits importés et donc creuser le déficit commercial. Le reste sert à rembourser ses prêts ou est réinvesti dans des livrets A ou de l'assurance-vie. La député socialiste Karine Berger a étudié de prêt le phénomène car en 2005 (c'est Nicolas Sarkozy alors ministre du budget qui proposait la mesure) et en 2005 elle était économiste à l'Insee et résultat, eh bien la mesure est positive au début, il y a un rebond de la consommation mais très vite, effet boomerang pour qu'au bout du compte l'effet réel soit vraiment limité dit-elle ! Mais tous les économistes le reconnaissent, il n'y a pas vraiment d'autres solutions pour relancer le pouvoir d'achat (à part l'augmentation des salaires pas vraiment à l'ordre du jour). Sauf une, peut-être et c'est Karine Berger qui le dit, c'est d'arrêter d'augmenter les impôts... en tout cas, elle prévient : à l'avenir il ne faut surtout pas augmenter les prélèvements sociaux, la CSG par exemple, si on fait ça c'est la fin, dit-elle...

Premier bilan de l'année pour la BPI. La Banque Publique d'Investissement a injecté 630 millions d'euros dans l'économie dont 455 pour préfinancer le Crédit impôt compétitivité depuis le 1er janvier. Mais ce qui retient l'attention, ce sont les problèmes de doctrine économique au sein de cette banque pas comme les autres : son directeur général venu du privé Nicolas Durfourcq veut faire du "bon business" lorsque Ségolène Royale vice-présidente veut "donner à chaque Français les moyens de réaliser son rêve".

Moins d’argent pour l’Etat. Une première depuis 10 ans, le marché des cigarettes a baissé de 2 et demi % en valeur au 1er trimestre par rapport à l'an dernier... Les volumes en baisse de près de 9% n'ont pas été compensés par la hausse des prix. Ce sera donc moins d'argent dans les caisses de l'Etat.

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