"Je vais essayer d'aller vite, parce que plus le temps passe, moins il y a de monde ". Il y avait une pointe d'agacement, chezMichel Sapin , quand hier, on lui a enfin donné la parole, en Commission des Finances, à l'Assemblée nationale. Les députes de ladite Commission auditionnaient les ministres de Bercy sur la situation budgétaire du pays, et sur le calendrier de réformes du gouvernerment. Michel Sapin s'agace, parce qu'effectivement la salle se vide. Les députés étaient plus nombreux pour écouter Emmanuel Macron , mais ils sont tous partis, ou presque, en même temps que le ministre de l'Économie. C'est l'heure du déjeuner, d'accord, mais ce genre de détails n'échappe jamais à un homme politique averti, comme un sondage de popularité. Il faut dire, aussi, qu'Emmanuel Macron s'en est plutôt bien sorti face aux assauts de la droite. Elle l'a attaqué sur le thème des réformes-qui-ne-font-pas. "Il y a un écart entre les intentions que vous affichez et la réalité des Lois que vous présentez " a lancé Eric Woerth. Emmanuel Macron se justifie: "La France est un cas à part ", commence-t-il. En Europe, il y a eu les pays frappés par la crise dans les années 90, et qui se sont réformés (les pays scandinaves). Il y a aussi l'Allemagne, qui dans les années 2000, a relâché ses efforts budgétaires pour mener d'importantes réformes. Avec la crise financière, puis celle de la dette, il y a, enfin, ces pays qui ont été précipités au fond du trou, et qui n'ont pas eu d'autres choix que de se réformer, profondément et douloureusement (l'Espagne, l'Irlande, le Royaume-Uni). Et puis, donc, il y a la France. Protégée par son modèle social, elle a été moins touchée par la crise, mais aujourd'hui elle peine à redémmarer. Pour Emmanuel Macron, l'erreur date d'il y a 15 ans: au début des années 2000, quand Droite et Gauche ont manqué de courage, et n'ont pas fait les réformes nécessaires. Résultat: aujourd'hui, au pire moment, c'est-à-dire avec une croissance molle, on doit tout faire: réduire les dépenses publiques et mener les réformes structurelles. Conclusion du ministre: les cinquante milliards d'économies programmés? "On ne peut pas en faire plus, sans casser la reprise ". Et les réformes ? Pour la même raison, on ne peut pas aller plus vite !

Trader. C'est la "Une" duFinancial Times , ce matin: l'arrestation d'un trader, à Londres! A la demande de la justice américaine, qui enquête (et elle met du temps) sur le krach éclair... le "flash krach" (comme on dit) du 6 mai 2010, à Wall Street. Vous l'avez, sans doute, oublié mais dans le milieu de la finance, c'est un vrai traumatisme : en quelques minutes, l'effondrement du Dow Jones, la panique totale, des titres qui plongent. On a très vite pointé la responsabilité du trading haute fréquence, cette spéculation, par ordinateur et à la micro-seconde... mardi, un courtier, basé à Londres, a, donc, été arrêté. Avant le krach, il a passé pour plus de trois milliards de dollars d'ordres.

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