Le 9 janvier prochain (dans une vingtaine de jours), Charles Edelstenne aura 77 ans. A cet âge, et après une vie passée dans l'industrie, au sein du groupe Dassault (il en a même été le PDG, quand Serge Dassault a été atteint par la limite d'âge)... à 77 ans et quand on vous présente volontiers, et affectueusement, comme tout droit sorti d'un film de Michel Audiard... "Tonton flingueur", c'est un cliché, mais il est pour le coup, plûtot bien vu... bref, quand on est Charles Edelstenne, toujours aux commandes, on n'apprécie pas vraiment que l'Etat vous fasse de mauvaises manières. C'est une des grilles de lecture possible, un peu "psychologisante", mais une lecture possible de la bataille, qui se joue depuis quelques jours, pour la direction de Thales. On résume. Thales, "champion français de l'aéronautique militaire", "acteur clé de la sécurité des citoyens" préfère dire son site internet, Thales est co-détenu par l'Etat et le groupe Dassault. Grosso modo, 1 quart chacun, le reste en bourse. Les 2 actionnaires ont souvent été comme "chien et chat" dans ce dossier, mais depuis quelques temps, ça allait plutôt bien. Jusqu'à cette décision, le 15 octobre dernier, décision du gouvernement qui vient "piquer" le patron de Thales, Jean-Bernard Lévy, pour le propulser à la tête d'EDF. Dassault est mis devant le fait accompli, n'apprécie pas du tout. En vacances (à Cuba), Charles Edelstenne, qui gère le dossier pour Dassault, prend très, très mal la nouvelle. Première mesure de rétorcion: il refuse d'écourter son séjour cubain ("l'Etat m'emmerde, l'Etat attendra": ce n'est pas une citation mais on imagine qu'il a pu le dire comme ça). A son retour, 2ème effet de sa mauvaise humeur, il va tout faire pour imposer sa solution de remplacement. L'Etat souhaite nommer comme nouveau patron de Thales, un jeune cadre maison, Patrice Caine, Charles Edelstenne va réussir à imposer, au-dessus de lui, un président non-exécutif. Et il choisit un "ami de la famille" Dassault, pas vraiment celui de la majorité, tout ce qu'il faut, en fait, pour une bonne polémique: Henri Proglio! Le monde des affaires est petit: tout juste débarqué (par François Hollande) de la présidence d'EDF, revoilà, donc, Proglio! Un Conseil d'administration de Thales était convoqué, hier soir, pour valider cette solution, mais l'Etat et Dassault se sont encore disputé les places. Cette réunion "de conciliation"- est finalement convoquée, ce matin.

Quelle solution? L'Etat ne devrait pas racheter les concessions des autoroutes. C'est ce qu'affirme Les Echos, ce matin. Ce rachat, poussé, notamment, par plus d'une centaine de députés socialistes doit être décidé avant le 31 décembre minuit. C'est la date butoir. Mais, selon le journal, ce scénario "qui n'a jamais eu vraiment les faveurs de l'exécutif" s'éloigne. Le gouvernement et les sociétés d'autoroutes poursuivent leurs négociations. Elles portent toujours sur le prix des péages en 2015, et sur une taxation supplémentaire des bénéfices des autoroutes. Les sociétés concessionnaires, comme leurs contrats le leur permet, réclament, en échange, des compensations.

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