L'éco du jour par Alexandra Bensaïd. __ Rien n'est confirmé, alors on va garder le conditionnel, mais la nouvelle tête des caisses d'épargne mariées à marche forcée aux banques populaires, ce serait un quadragénaire aux cheveux gris, la raie sur le côté. Banquier d'affaires ? Haut fonctionnaire ? Eh bien, les deux. François Perol a quitté la banque Rothshild pour rejoindre l'Elysée. Il est l'éminence grise de Nicolas Sarkozy sur tous les grands dossiers économiques. Hier - vous lirez ça dans "Le Parisien" - il était encore à Berlin pour suivre le mini sommet sur la réforme du capitalisme. Refondation, moralisation, c'est lui - dit on - qui conseille le chef de l'Etat sur ces questions d'éthique et de gouvernance, lui qui se retrouve donc ce matin au coeur de la polémique. D'un côté, on a ceux qui disent "Voyez l'Etat qui se prive d'un de ses meilleurs éléments... un sacrifice pour sauver des banques encalminées par des dirigeants englués dans les luttes de pouvoir. Leurs discussions patinent depuis des mois. Voyez aussi que finalement la puissance publique sait prêter et exiger." De l'autre, on a ceux qui s'indignent du mélange des genres. François Perol connaît très bien le dossier. Ces derniers mois, c'est lui qui, à l'Elysée, le suivait, lui qui aiguillonnait les banquiers. Il le connaîtrait donc trop bien. Et puis, surtout, voilà encore du grain à moudre pour ceux qui dénonçaient déjà au temps de Charles Milhaud, lancien patron de l'Ecureuil, la nomination de proches de Nicolas Sarkozy à la direction de la caisse d'epargne. Sarkoland c'est leur expression. Au mini G20, les Européens affichent entente et détermination. Ils sont d'accord, en tout cas, c'est ce qu'ont voulu montrer hier les Européens à Berlin. D'accord pour réguler et surveiller tous les acteurs financiers. Les fonds spéculatifs, les fameux hedge funds, les agences de notation - celles qui sont sensées nous dire si des entreprises ou des produits financiers sont solides - et puis les paradis fiscaux, qui doivent s'attendre à des sanctions. Voilà pour la photo, pour le discours sur la réforme de la finance mondiale. Mais vous avez compris, les décisions concrètes, elles sont renvoyées au sommet de Londres en avril. LE moment de vérité. Pour les syndicats français, le mini sommet c'est ce matin. Et là aussi, on affiche l'unité. CGT, CFDT, Force Ouvrière, CFTC, CGC, FSU, Unsa et Solidaires préparent la réponse au sommet social. Ce sera, on le sait, une mobilisation le 19 mars. Sauf coup de théâtre, pas d'appel à la grève générale mais des manifestations interprofessionnelles partout en France, comme le 29 janvier, avec l'espoir de réunir autant de monde. A paraître demain : une étude du magazine 60 millions de consommateurs. 5 sites internet passés au crible, et au final un constat : sur la toile aussi, les étiquettes des produits de grande consommation ont tendance à flamber, sans grand rapport avec le prix des matières premières.

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