Affamés

À l'origine, le système était bon pour tout le monde ! Il apparaît dès le XVIème siècle, les pêcheurs de baleines néerlandais passent des contrats de vente à terme avant même de prendre la mer. Cela leur permet de financer leur voyage et d'obtenir un meilleur prix de vente. Le contrat à terme dans l'agriculture c'est une sorte d'assurance, on s'assure d'un prix de vente avant d'avoir produit ! Sauf qu'aujourd'hui seulement 3% des contrats à terme de matières premières agricoles aboutissent effectivement à la livraison des produits. Les 97% restants sont revendus avant d'être livrés selon Oxfam. La spéculation abusive a donc pris le dessus et désormais ce marché est déconnecté de la réalité selon l'ONG.

Conséquence hausse des prix et volatilité impactent directement les populations les plus pauvres qui meurent de faim. Alors ce matin Oxfam repart à l'attaque et dénonce le comportement des banques françaises qui sont loin d'être les pires en la matière. Mais elle fait un bilan après avoir lancé il y a 2 ans une campagne intitulée "Banques: la faim leur profite bien".

Dans sa ligne de mire 4 banques BNP Paribas qui s'était engagé à fermer plusieurs fonds ; résultat selon Clara Jamart d'Oxfam la banque a fait du greenwashing : elle a en effet fermé 6 fonds mais en a ouvert 4 ! La Société Générale elle a respecté ses engagements et a beaucoup mieux reçu Oxfam cette année qu'il y a 2 ans sauf que les montants sont encore très importants ! BPCE avec sa filiale Natixis a elle rétorqué ne pouvoir rien faire car le fond incriminé est américain et géré directement aux Etats-Unis. La seule banque à recevoir un satisfecit est le Crédit Agricole qui ne possède plus aucun fond permettant de spéculer sur les prix des matières premières agricoles !

Voilà donc pour le compte des banques mais Oxfam en veut aussi beaucoup au gouvernement qui s'était engagé à réguler ces fonds. Clara Jamart a rencontré il y a 2 mois des membres du cabinet du ministre des finances Michel Sapin qui ont découvert cet engagement : des informations se sont perdues dans la passation de pouvoir entre Pierre Moscovici et Michel Sapin suppose Oxfam qui ne se fait pas d'illusion car le cabinet lui a répondu qu'il ne pourrait pas interdire ces fonds spéculatifs. Raison avancée cela mettrait nos banques françaises en grande difficulté face à la concurrence internationale !

Un accord se profile sur les autoroutes

Pas question de racheter les concessions cela couterait 20 milliards d'euros selon l'administration qui le précise dans une note envoyée aux parlementaires en indiquant aussi que la rentabilité de ses sociétés est de l'ordre de 7 à 8% et non pas de 20% comme avancé par l'Autorité de la concurrence ! Au bout du compte si les péages sont gelés cette année, le gel serait compensé les années suivantes mais les sociétés d'autoroutes pourraient contribuer à un fond d'investissement pour financer des infrastructures.

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