C'est l'un des rituels de Davos. Le rendez-vous est fixé à deux pas du Centre des Congrès, dans un grand hôtel de la station, le Belvédère, lieu incontournable pendant le Forum : les grandes entreprises sont installées là, les grands médias américains également... comme les ministres français de passage. Ce rendez-vous, traditionnel, c'est la publication d'une enquête réalisée par le cabinet PriceWaterhouseCoopers... étude sur le moral des grands patrons. Plus de mille 300 "décideurs" (comme on dit ici, à Davos) ont été sondés. Dans 68 pays différents. Dans une cave voûtée de l'hôtel, transformée en une sorte d'igloo, avec de la toile tendue, on sert le champagne à qui veut, et on découvre les résultats de l'enquête. Bonne nouvelle, les patrons se montrent moins pessimistes que l'année dernière. Ils ne sont plus que 28% à anticiper un ralentissement économique. Ils étaient 48%, en 2012. En revanche, les patrons interrogés s'inquiètent pour la croissance de leur propre entreprise. Cette tendance est très marquée en Europe (on ne sera pas surpris) et particulièrement en France (on sera encore moins surpris) mais on retrouve cette tendance, un peu partout dans le monde. Y compris chez les émergents. Alors qu'est-ce qui inquiète nos « global leaders » ? La peur d'une rechute de la crise financière est toujours là, mais, c'est d'abord, l'action des États qui préoccupe, selon cette enquête: les mesures prises pour stopper la crise et réduire les déficits et les dettes. "L'austérité, un mal nécessaire", c'est pourtant le refrain le plus repris ici. Les grands patrons mondiaux s'inquiètent aussi de l'excès de réglementation, et de la hausse des impôts, qui menacent leur activité. Il y a trois conséquences à ce moral des patrons en demi-teinte. Les entreprises affirment réduire leurs investissements. Elles se concentrent sur la recherche de nouveaux clients. Enfin et surtout, elles réduisent leurs coûts. Notamment en supprimant des emplois. 77% des patrons interrogés affirment avoir mis en place des plans de réduction de coûts, l'année dernière. Plus inquiétant : ils sont presque autant à dire qu'ils continueront cette année !

Charlize Theron en vedette. Depuis le passage de Sharon Stone, en 2005, puis celui du couple Angelina Jolie / Brad Pitt, l'année suivante, les organisateurs du Forum avaient décidé de stopper cette dérive people. Bono, le chanteur de U2 reste un habitué. Mick Jagger était là, l'année dernière... Mais, bon, la priorité doit rester, ici, selon les responsables, au débat et à la réflexion sur l'avenir du monde... capitaliste. Hier soir, pourtant, c'est bien, une actrice, Charlize Theron, qui a tenu la vedette. Elle est venue recevoir un prix pour son action en faveur de la lutte contre le sida, dans son pays, l'Afrique du Sud. Son apparition, vraiment, à fait sensation.

Champion des réformes. Aujourd'hui, le programme est moins glamour : le Russe Dimitri Medvedev doit prendre la parole, en début d'après-midi. Puis, l'Italien Mario Monti, le "champion des réformes", réformes qui plaisent tant, ici.

Grand absent. Les profits de Google en hausse de 10%, en 2012. Le chiffre d'affaires du géant d'internet dépasse, pour la première fois, les 50 milliards de dollars. Google, grand absent de Davos, cette année: aucun de ses dirigeants ne viendra, alors qu'ils ont l'habitude de venir. Ils n'ont donné aucune explication.

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