Ca fait maintenant 6 semaines que dure une grève, menée par un petit nombre de salariés d'EDF, mais qui fait peser un risque, semble-t-il, très "sérieux" à la production d'électricité en France. Alors, d'abord, les raisons du conflit : les revendications sont salariales. La CGT, Force Ouvrière et Sud demandent une augmentation de 5% pour les salariés du nucléaire, et une prime de 1500 euros. Mais, les syndicats réclament également l'intégration de ceux qu'ils appelent les "nomades du nucléaire", ces salariés d'entreprise prestataires d'EDF, qui assurent, aujourd'hui, 80% de la maintenance des Centrales ! Cette grève vise donc aussi à "défendre la sécurité" affirme Sud Energie. Voilà donc pourquoi depuis début avril, le travail des équipes chargées de la maintenance de 11 réacteurs (sur les 19 que compte la France) est sérieusement ralenti. Conséquence directe, le combustible est rechargé avec beaucoup de retard, et oblige les Centrales a rester plus longtemps que prévu à l'arrêt. EDF subit, par ricochet, d'importantes pertes de production pour un coût estimé à 250 millions d'euros. Au-delà de l'argent perdu, le vrai problème c'est qu'on approche d'une période extrêment sensible pour EDF. C'est l'été, et avec les grosses chaleurs, la consommation d'électricité va grimper : on va tous brancher la climatisation. Alors est-ce que c'est de l'intox ? En tout cas, EDF (qui a saisi la justice et qui procède à des réquisitions de salariés) et maintenant RTE, la société qui gère le réseau électrique français, tous 2 préviennent : la situation devient critique. Les capacités de la France en électricité sont affectées. En juillet, on va sans doute devoir acheter beaucoup plus l'électricité chez nos voisins que d'habitude. Et, en cas de nouvelle canicule, ce serait la catastrophe, avec peut-être des "coupures de courant" à la clé. On peut se rassurer avec cette précision : ce scénario extrême a "une chance pour mille" d'arriver ! "Pas d'impôts nouveaux, pas de rigueur mais un grand emprunt!" a dit Nicolas Sarkozy, hier... Présentation "astucieuse" lors de son discours de Versailles. Elle laisse penser que le "grand emprunt" va résoudre tous nos problèmes. Et nous évitera, surtout, d'en venir aux solutions douloureuses. Le "grand emprunt", c'est pourtant bien de la dette supplémentaire qu'il faudra rembourser un jour. Ce sont donc bien nos impôts d'après-demain. La rigueur, quant à elle, est déjà là : poursuite de la réduction du nombre de fonctionnaires, réforme des retraites, dès l'année prochaine, réforme de la carte administrative et des collectivités locales et nouvelles et prochaines mesures de maîtrise des dépenses de Sécurité Sociale. Seule mesure "anti-crise" annoncée hier : l'extension de l'indemnisation des licenciés économiques, le dispositif des Contrats de Transition Professionnelle. Et si la reprise tardait, finalement, à revenir ? C'est le "coup de blues" des places boursières, hier. Les prévisions pessimistes de la banque mondiale ont refroidi tout le monde. Résultat : des reculs, partout. A Paris, -3,04%. Les Français vident leur Livret A. Le mois dernier, l'encours des Livret A (et des Livrets de Développement Durable) a reculé de 1,6 milliards d'euros. C'est la conséquence de la baisse de leur taux de rémunération. Les Français choisiraient, du coup, d'autres produits d'épargne.

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