On est, peut-être, passé un peu vite, avant hier, sur les explications de Liliane Bettencourt, qui annonçait son intention de régulariser sa situation, vis-à-vis du fisc. Dans un communiqué publié lundi soir, la milliardaire confirmait l'information révélée par les enregistrements pirates de son majordome: l'existence de comptes en Suisse (un "compte ancien" écrivait-elle). Passant sous silence, en revanche, la question de l'île d'Arros, aux Seychelles, qui pourrait être, aussi, un avoir "caché" (autre révélation des enregistrements), elle affirmait qu'elle allait, donc, régulariser sa situation "suisse" auprès de l'administration fiscale française. Sans plus se défendre ou se justifier, Liliane Bettancourt ajoutait, quand même, dans ce communiqué, qu'elle est l'une des premières contributrices privées à l'impôt, en France. Au total en 10 ans, a-t-elle fait calculer, elle a versé, au titre de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur la fortune et de la CSG-CRDS, 400 millions d'euros. 400 millions d'impôts: le chiffre est avancé, évidemment, pour nous impressionner. Pour la milliardaire, il s'agir de dire: c'est beaucoup, c'est vraiment beaucoup: vous pouvez, donc finalement, excuser le reste: ce qui est caché, ailleurs. Pas grand chose. Evidemment, pour vous comme pour moi, 400 millions d'impôts, c'est énorme mais certains ont, quand même, commencé à calculer: 400 milions sur 10 ans, ça fait 40 millions en moyenne, par an. Pour une fortune estimée à plus de 10 milliards d'euros, voire 15 milliards, "c'est très modeste, finalement" affirment certains experts des questions fiscales. Evidemment, avec ces seules 2 estimations (400 millions d'impots, d'un côté et 15 milliards de patrimoine de l'autre), il est imposible de reconstituer le "profil fiscal" de Liliane Bettencourt: mais les spécialistes consultés sont unanimes: l'optimisation fiscale de la milliardaire est un modèle du genre! Dit autrement, le futur-ex patron de madame Woerth est plutôt un "bon": ramener les impôts de la milliardaire à 40 millions par an (seulement), c'est "du beau travail". Les niches ficales, les déductions d'impôts en tout genre doivent jouer à plein régime, explique un expert. Comme ce qu'on appelle l'optimisation fiscale internationale, qui permet de placer, en toute légalité, son argent à l'étranger, en jouant sur les différentes conventions ficales passées entre la France et les paradis fiscaux, pleines de failles. Unanimes, les spécialistes citent, également, une disposition légale qui fait des miracles pour réduire son ISF: l'exonération au motif de l'outil de travail. Depuis la loi Dutreil (de 2003), elle permet d'alléger la feuille d'impôts des plus fortunés, via des montages financiers qui passent par la création de "holding familiales". Chez Liliane Bettebcourt, elle s'appelle Tétys. C'est la maison-mère de la société Clymène. Où travaillait madame Woerth. "La croissance plutôt que la rigueur", les Américains s'inquiète de la situation européenne. Vendredi dernier déjà, Barack Obama avait exhorté les dirigents européens à continuer à travailler au retour de la croissance, plutôt que de privilégier le redressement de leurs déficits publics. Au lendemain de l'annonce d'un vaste Plan de rigueur au Royaume-uni, nouvel appel aujourd'hui. A l'adresse des Européens, notamment. Cette fois-ci, c'est Tim Geithner, le secrétaire américain au Trésor qui estiment que "les coupes budgétaires ne doivent pas pénaliser la croissance". Il l'écrit, dans une tribune, publiée quelques jours avant le G20 de Toronto. Aux Etats-Unis, de nouveaux indicateurs font craindre un ralentissement de l'activité économique. Taxer les banques! A ce G20 de Totonto, l'idée d'instaurer une taxe sur les banques sera, également, débattue. Certains pays, comme le Canada, le Brésil ou l'Inde ne veulent pas en entendre parler. En revanche, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, et la France ont décidé de prendre les devants. En instaurant, sans attendre donc une taxe bancaire. Christine Lagarde confirme qu'elle sera inscrite au prochain budget (celui de 2011) et qu'elle rapportera, à l'Etat, "plusieurs centaines de millions d'euros".

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Le blog de Thomas Bronnec (qui a inspiré cette chronique)

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