C'est l'article 57 de la Loi Organique relative aux Lois de Finances (on dit la "LOLF" entre experts), qui fixe ce principe. En résumé, les Présidents et les Rapporteurs des Commissions des Finances, de l'Assemblée nationale et du Sénat peuvent procéder à "toutes les investigations sur pièces et sur place, et à toutes les auditions qu'ils jugents nécessaires". Pour les auditions, les personnes désignées ont l'obligation de s'y soumettre. Pour ce qui concerne, les documents, estimations, rapports produits par l'administration, ils doivent être, évidemment, fournis, sur demande. Ca, c'est le principe. Sauf qu'il n'est pas rare d'entendre députés et sénateurs se plaindre de la mauvaise coopération de Bercy. Et c'est encore le cas dans le rapport que vient de publier, Valérie Rabault, la rapporteure général du Budget à l'Assemblée Nationale. Elle écrit, ainsi, à plusieurs reprises, qu'elle n'est pas tout à fait satisfaite des informations qui lui été transmises. Par exemple, on lit qu'elle aurait souhaité "être destinataire de détails supplémentaires sur la ventilation des efforts à réaliser". Sur certains points, cela dit, elle a obtenu satisfaction mais en sortant "l'arme atomique", c'est-à-dire en se rendant, directement et personnellement à Bercy. Une démarche assez rare, un contrôle sur place. C'était il y a quelques jours, jeudi 2 juin précisément. Et on peut dire que Valérie Rabault n'a pas perdu son temps: elle a exigé, et obtenu l'estimation des effets négatifs que pourrait produire le plan d'économies de 50 milliards, prévu par le gouvernement. Certains diraient, y compris au sein même du Parti Socialiste: le "coût de l'austérité". Page 29 de son rapport, Valérie Rabault publie, donc, ce que le ministère voulait cacher: "les 50 milliards représentent une réduction des dépenses de plus de 2 points de PIB, soit un impact négatif sur la croissance de 0,7% par an en moyenne, entre 2015 et 2017. Et la conclusion: ces économies pourraient entraîner la suppression de 250 mille emplois, à l'horizon 2017. 250 mille! Comme par ailleurs, il est écrit que le Pacte de resposabilité créera, lui, à la même date, 190 mille emplois, on en déduit une perte nette de 60 mille. Alors certes, il manque, dans cette estimation, l'effet positif sur l'emploi du CICE (Bercy ne l'a pas donné). Valérie Rabault précise aussi que ne pas redresser les comptes publics aurait des effets bien pire encore mais quand même, les chiffres qu'elle a réussi à extirper de Bercy, et qu'elle a décidé de rendre publics, tombent mal. Ils vont, immanquablement, alimenter la fronde de ceux qui, au PS et ailleurs, réclament une "autre" politique.

C'est fait? Selon le Wall Street Journal, BNP Paribas aurait conclu un Accord avec la justice américaine, validant une amende (record) de 8 à 9 milliards de dollars, selon le journal. Qui affirme que les dernières négociations auraient eu lieu vendredi. La banque française reconnaîtrait avoir enfreint des embargos américains contre plusieurs pays, la justice américaine aurait repéré 30 millirads de transactions "volontairement dissimulées", une majorité avec le Soudan, dans le secteur pétrolier. Selon le Wall Street Journal, BNP Paribas, en plus de l'amende, aurait accepter également d'être privé de transactions en dollars, pendant plusieurs mois. L'Accord acterait, également, le départ de 30 cadres de la BNP, jugés responsables.

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