Ce week-end, je ne sais pas... mais vendredi, c'est certain: c'était l'effervescence à Bercy. Les réunions se sont enchaînées au cabinet de Christine Lagarde. La ministre n'est toujours pas officiellement candidate à la succession de Dominique Strauss-Khan au FMI, mais elle s'y prépare (c'est sûr). Et ses équipes sont, donc, au travail. On imagine aisément la répartition des tâches. Certains s'occupent des soutiens à recueillir en faveur de la ministre. D'autres, forcément, se plongent dans les dossiers du FMI et préparent le programme et la campagne de la ministre-candidate. Enfin, d'autres sans doute, sont-ils chargés d'étudier le "dossier Tapie", le seul véritable obstacle sur la route du FMI, la menace d'un renvoi devant la Cour de Justice de la République. On dit que les gouvernements européens, avant de se prononcer, appelent Paris pour connaître, et jauger, le risque réel encourru par la ministre. Est-ce parce que l'Elysée a réussi à les convaincre, en tout cas, les soutiens, en faveur de Christine Lagarde, se multiplient. La ministre autrichienne des Finances, par exemple, a déclaré, hier, que l'Autriche "peut imaginer" soutenir la Française. D'autres, comme l'Italie ou le Luxembourg se montrent franchement enthousiastes. En fait, tous notent que l'Europe a tout intérêt à rester "groupée", si elle souhaite conserver le poste. Et tout intérêt à se prononcer vite, pour prendre de court les pays émergents, divisés. C'est ainsi qu'il faut comprendre, sans doute, le soutien de l'Allemagne, qui aurait pu, très légitimement, pousser un "candidat-maison". Le soutien de la Grande-Bretagne peut, s'expliquer, également, ainsi mais aussi par la haine tenace du Premier ministre David Cameron, envers son prédécesseur, Gordon Brown, potentiel candidat. En France, aussi semble-t-il, la classe politique se range derrière cette candidature. Alors que ce sont des députés socialistes qui ont saisi le Procureur, pour dénoncer l'attitude de Christine Lagarde dans le dossier Tapie, Martine Aubry hier -en posture présidentielle, sûrement- a soutenu sa candidature. Ce qui n'est pas le cas de François Bayrou qui s'y oppose, en raison de l'affaire Tapie. Benoit Hamon, au PS, lui aussi émet quelques réserves politiques. Il rejoint, en cela, un ancien du FMI, cité par le Guardian à Londres, qui n'y va pas de "main morte", c'est vrai en gardant l'anonymat. Christine Lagarde au FMI, ce serait un "désastre". "C'est la candidate la plus libérale et plus la favorable aux banques qu'on puisse trouver". Le gouvernement grec s'apprête à prendre de nouvelles mesures d'austérité. On ne les compte plus, les "plans de rigueur" grecs! Ce lundi, George Papandréou doit en dévoiler un nouveau. Il devrait passer par une réduction des primes accordées aux fonctionnaires grecs, et l'augmentation de certaines taxes sur la consommation. La Grèce est plus que jamais sous pression: les agences de notation viennent, une nouvelle fois, de dégrader sa note. Plusieurs pays membres de zone euro, dont l'Allemagne, réclament une restructuration de sa dette. Ce que refusent les banques mais aussi la Banque Centrale Européenne. Ou encore le FMI "version Strauss-Khan": DSK était opposé, lui aussi, à cette idée. FMI: et la suite? Concernant sa succession, à la tête du FMI, en Europe, le ministre belge des Finances, Didier Reynders, s'est dit intéressé, hier. Il se pose, clairement, en "alternative", ou en "recours" possible face à Christine Lagarde.

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