Un pari, peut-être. Une "improvisation", en tout cas, affirme son entourage. Hier, en pleine séance des questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale, Bernard Cazeneuve, le ministre du budget s'est amusé à citer -sans le dire- Jean Gabin. Le ministre, en fait, a tenté un remake. Celui du "Président", le film d'Henri Verneuil (dialogues de Michel Audiard) et cette scène mythique, dans laquelle Jean Gabin, à l'Assemblée nationale, incarne un Président du Conseil. A propos des "patrons de gauche", Gabin lâche: "il y a aussi des poissons volants, mais qui ne constituent pas la majorité du genre". Hier, dans la même situation, face aux députés, Bernard Cazeneuve a rejoué la scène, à propos de ces 8 mille contribuables, qui paient plus de 100% d'impôt. La polémique couve, avec la Droite, depuis quelques jours, et la révélation de leur existence. "Ces 8 mille sont aux contribuables ce que les poissons volants sont aux espèces marines", a dit le ministre du budget, "ils ne constituent pas la majorité du genre". Bernard Cazeneuve venait, alors, de ramener la question à sa juste proportion, selon lui: il y a, en France, 37 millions de contribuables. 300 mille paient l'Impôt sur la Fortune, et, oui, l'année dernière, 8 mille ont dû payer des impôts équivalent, ou dépassant 100% de leurs revenus. Autrement dit, ils forment une "exception", minuscule, qui ne mérite pas les réactions outrées de la Droite. Bernard Cazeneuve, hier, dans sa réponse, et là, ce ne sont plus les dialogues de Michel Audiard), Bernard Cazeneuve ajoutait: ces 8 mille contribuables sont des "privilégiés". On les retrouvent parmi les plus riches du pays ceux qui, ayant un patrimoine de plusieurs dizaines, de plusieurs centaines de millions d'euros, ne se versent pas la totalité de leurs revenus (ils les déposent, par exemple, sur une assurance-vie). Ils optimisent! Donc, les 100% d'impôts affichés sont, si on suit le ministre, basé sur un revenu "juridique", pas le revenu réel. Cette réponse, et ce n'est pas surprenant, parce qu'il était directement visé, a rendu fou furieux Gilles Carrez, le président UMP de la Commission des Finances. C'est lui qui a demandé cette estimation à Bercy mais, jure-t-il, ce n'est pas lui qui l'a rendu publique. Gilles Carrez se dit "scandalisé, indigné" par les propos de ce ministre qui "aime tant se faire applaudir par ses collègues socialistes" (c'est une citation). Gilles Carrez s'apprête à demander des précisions sur ces chiffres, pour démontrer que, non, dans ces "8 mille", il n'y a pas "que des très riches". Et même si c'était le cas, ajoute-t-il pourquoi, les fustiger ainsi. Pourquoi agiter cette "haine des riches".

En hausse. La collecte du Livret A repart fortement à la hausse. Elle avait ralenti en février et mars, elle est repartie "plein pot", en avril. +3 milliards d'euros. Auxquels on peut ajouter le milliard et demi déposé, dans le même temps, sur les Livrets de Développement Durable. La crise et le réflexe "d'épargne de précaution" expliquent le phénomène. La rémunération également. Elle est favorable (à 1,75%) mais ça pourrait ne pas durer. Avec le reflux de l'inflation, une baisse du taux du Livret A se profile.Le club des 5. Le "grand oral", ce matin, au Medef. Les 5 candidats à la sucession de Laurence Parisot présente leur programme devant le Conseil exécutif de l'organisation patronale. Pierre Gattaz, le patron de Radiall, fait toujours figure de favori.

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