Dans toute cette affaire des stock-options de la Société Générale (qui s'est terminée hier soir par le renoncement, finalement, des patrons de la banque), c'est sans doute, au gouvernement, Christine Lagarde, qui est allée le plus loin. La ministre de l'économie pose, carrément, la question de la "pertinence" des stock-options comme mode de rémunération des grands patrons. "Sont-elles efficaces et morales ?" se demande-t-elle. La ministre veut une concertation avec les syndicats et le patronat. Elle évoque l'idée d'une loi ! Ce n'est pas la première fois que les stock-options se retrouvent au centre d'une polémique. Cette fois-ci (avec la Générale) c'est leur attribution qui pose problème. Parce que l'entreprise est aidée par l'Etat. Et parce que son cours de bourse est manifestement au plus bas, ce qui promettait un futur "jack-pot" en millions d'euros pour les 4 patrons concernés. D'où, le tollé. Le scandale précédent (c'était en 2006-2007), c'était, à l'inverse, au moment de la vente de stock-options. C'est l'affaire Forgeard. Là, la question posée était celle du "délit d'initié". Un patron d'entreprise n'est-il pas un "initié permanent"? Puisqu'il est aux manettes et qu'il peut donc, avant les autres, bénéficier d'informations privilégiées, pour vendre au meilleur moment (avant l'annonce, par exemple, de mauvaises nouvelles). Christine Lagarde a raison : c'est bien la question de l'existence même de ce mode de rémunération qui doit être posée. On le sait, les stock-options ont été créées aux Etats-Unis, avant de se généraliser. Elles permettent aux entreprises qui n'en ont pas les moyens de recruter des talents sur la promesse de futurs revenus. Les "start-up", aujourd'hui encore ont besoin de ce système. Mais les grandes entreprises ? Pour elles, les stock-options sont devenues, surtout, l'instrument qui permet aux actionnaires d'être sûrs que le patron de leur entreprise agit, d'abord, pour leur intérêt. Pour le cours de bourse ! Les stock-options symbolisent la mainmise de la bourse sur la stratégie des entreprises, la prédominace des "managers" sur les "entrepreneurs". La question de l'avenir des stock-options mérite donc bien d'être posée. 1,5 milliard d'euros pour les jeunes. C'est ce que propose Martin Hirsch, le Haut commissaire à la Jeunesse. Comme une sorte de "réponse" à la forte mobilisation des syndicats, jeudi dernier. Réponse aussi au chômage des jeunes, qui est en très forte hausse depuis le début de la crise. Martin Hirsch propose de "doper" les contrats en alternance (ces contrats qui mêlent cours théoriques et travail en entreprise). L'objectif est de permettre l'embauche immédiate de 100 mille jeunes. Pour un coût, donc, d'un milliard et demi d'euros. L'Etat prendrait en charge une partie du salaire, pendant 2 ans mais les entreprises rembourseraient, ensuite, via une réduction des allègements de charges dont elles bénéficient. Les banques, encore ! Le "énième" plan de sauvetage des banques américaines. Il doit être dévoilé aujourd'hui. L'objectif est toujours le même : libérer les banques de leurs actifs douteux (ou toxiques) pour leur permettre de relancer le marché du crédit, et donc l'économie. Le dispositif imaginé, aux Etats-Unis, mêle argent public et argent du privé.

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