En cette période de remaniement ministériel, le parallèle est tentant: je vais y céder. Imaginez qu'hier soir, un des 3 nouveaux ministres ou secrétaire d'Etat (qui font leur entrée au gouvernement)... imaginez que l'un des 3 annonce, à la surprise générale, qu'il renonce, finalement, à sa nomination. Il avait été, pourtant, approché (en bonne et due forme), il en avait discuté avec le Président (et, éventuellement, le Premier ministre). Il avait pesé le pour et contre, tenté aussi d'imposer certaines conditions, mais avait finalement accepté. Et sa nomination avait été, officiellement annoncée. Avant qu'il ne renonce!... humiliant au passage ceux qui l'avaient choisi. Cette histoire, toute proportion gardée, c'est exactement ce qui vient d'arriver à la Société Générale! En fin de semaine dernière, elle annonce la nomination d'un nouvel administrateur. D'un nouveau membre pour son Conseil d'administration, dont l'équilibre est aussi compliqué à trouver que pour un gouvernement! Il s'agit de Tidjane Thiam. Inconnu du grand public, c'est pourtant un "recrutement de choix" pour la Société générale. Ce Franco-ivoirien est le patron du grand assureur britannique Prudential. Il est présenté, par beaucoup, comme quelqu'un plein de talents, un "petit génie". Et c'est aussi un "symbole": le symbole d'un échec français. Loin d'être du sérail, il a dû s'exiler à Londres pour faire carrière. Il a expliqué, un jour, en avoir eu marre, en France, de se "cogner le crâne contre un plafond de verre parfaitement invisible mais ô combien réel": ce sont ses mots. "Joli coup" donc, pour la Générale, qui l'a fait savoir, toute fière, par communiqué officiel. Sauf que Tidjane Thiam a finalement renoncé à cette nomination, infligeant un camouflet à la banque. Une nouvelle déconvenue dont elle se serait bien passé. C'est un épisode rarissime, pour ne pas dire inédit: ce sont les actionnaires de Prudential qui lui ont demandé, voire imposé, cette décision, ce renoncement alors que tout était calé. Ils souhaitent que Tidjane Thiam consacre 100% de son temps, à son entreprise alors qu'elle lance une immense OPA. Pas question, lui ont-ils fait savoir dans ces conditions, de se dispercer en allant pointer dans un autre Conseil d'administration. Alors qu'en France, les grands patrons multiplient les jetons de présence, en plus de leur activité opérationnelle dans leur propre entreprise, le constrate est évidemment saisissant. Le climat social Toujours pas de solution pour les chômeurs en fin de Droits. La réunion technique organisée, hier à Bercy, s'est terminée sur un constat de désaccord entre les syndicats et le gouvernement. "Une réunion pour rien" a commenté un participant. Le temps presse, pourtant pour tous les demandeurs d'emplois qui vont se retrouver, dans les prochains mois, sans indemnité, ni aide de l'Etat. Premier désaccord: pour le gouvernement, ils sont moins de 200.000. 400.000", selon les syndicats. Autre désaccord: sur les solutions pour leur venir en aide. Les syndicats souhaitent, notamment, voir créée une sorte d'"allocation spécifique de crise". Le gouvernement n'en veut pas. Il n'en veut pas ou alors, peut-être attend-il de jauger (pour décider) l'ampleur des grèves et défilés organisés aujourd'hui. Partout en France. Mots d'ordre lancé dans le privé. Et dans le public (notamment les transports et l'Education). 6 syndicats mobilisent pour l'emploi, les salaires, et les retraites. La réforme des retraites qui sera conduite par Eric Woerth, nouveau ministre des Affaires sociales. Commentaire de Bernard Thibault de la CGT: "j'espère que nous aurons un ministre, et non des ordinateurs de Bercy comme interlocuteur".

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