**C'est hier, dans l'un des salons de l'Hôtel Lutécia, à Paris. Michelle Bachelet, l'ancienne présidente du Chili, déjeunait avec Martin Hirsch, le "père" du RSA, et quelques journalistes. Elle sortait d'un rendez-vous avec François Chérèque et Jean-Claude Mailly. Plus tôt, elle avait pu s'entretenir avec Xavier Bertrand, le ministre du travail. Devaient suivre: un rendez-vous à l'Elysée, un colloque à Science-Po. Et aujourd'hui, un entretien avec Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères. Un vrai agenda de Chef d'Etat. Qu'elle n'est plus: Michelle Bachelet, aujourd'hui, est la directrice d'ONU Femmes et elle est chargée par l'OIT, l'Organisation International du Travail, de faire des propositions pour mettre en place, au niveau mondial, ce qu'elle appelle un "socle de protection sociale universel". Martin Hirsch est du voyage. Il fait partie du groupe de travail, "et il me bombarde de mails et de documents", affirme l'ex-présidente, qui doit remettre son rapport, cet été. L'objectif, c'est d'obtenir l'appui du G20. Et, donc, de sa présidence. D'où ce passage à Paris. Pour elle, c'est le bon moment: "les esprits sont mûrs", pense-t-elle. La crise financière vient de montrer que le développement économique n'est assuré que si "on améliore le bien-être des gens", et donc leur protection sociale. Les révolutions au Moyen-Orient ne disent pas autre chose, selon elle. Hirsch enfonce le clou: "pour des pays comme la France, c'est une façon de rééquilibrer les échanges avec les pays à la main d'oeuvre pas chère. Pour les pays en retard sur ces questions, c'est juste devenu essentiel. "Les Chinois me demandent aujourd'hui de leur expliquer le RSA" lâche l'ancien haut-Commissaire de Nicolas Sarkozy. Alors, pragmatique, Michelle Bachelet explique que son "socle universel" pourra varier d'un pays à l'autre en fonction des besoins: eau, éducation, logement, alimentation, retraite... Et en fonction des moyens évidemment. Mais pour beaucoup de pays, il ne s'agit que d'une question de volonté. De choix politiques. Comme elle l'a montré, elle, dans son pays. Elle explique avoir d'abord essuyé beaucoup de critiques ("vous êtes un dinausore" lui a-t-on lancé), avant que la classe politique chilienne ne se retourne. "J'avais 80% d'opinions favorables dans les sondages" lâche l'ancienne présidente. Un argument, évidemment, qui peut séduire les dirigeants du G20. Les prix augmentent fortement dans les rayons alimentaires! C'est le résultat des négociations entre producteurs et distributeurs, sur fond d'envolée des cours des matières premières agricoles. Ces négociations se sont achevées, fin février. Et depuis quelques jours, les étiquettes valsent dans les magasins. Selon le Figaro ce matin, les hausses sont très fortes pour certains produits: jusqu'à 20% pour la farine et le café. L'huile, de 5 à 8%. Les pâtes, le beurre, les biscuits, le pain, le chocolat: l'augmentation est générale. Seuls le riz, les plats cuisinés et les eaux minérales échappent au mouvement. Toujours plus. les Echos révèle, qu'EDF, vient de demander à l'Etat, de pouvoir augmenter ses tarifs de 5 à 6% par an, jusqu'en 2015. (Gros) bas de laine. Pendant ce temps-là, les Français épargnent: le Livret A vient de dépasser le seuil symbolique des 200 milliards d'euros d'encours. En 2 mois (janvier et février), les Français ont déposé autant d'argent sur leurs Livrets qu'en 7 mois, l'année dernière.**

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