Le gendarme c'est l'AMF, l'Autorité des Marchés Financiers. Celle qu'on appelle communément, le "gendarme de la bourse". Lui aussi, joue gros cette semaine. Evidemment pas autant que les 17 "accusés" (j'emploie ce terme même si on n'est pas dans une procédure judicidaire) qui risquent pas mal d'argent: jusqu'à 5 millions d'euros, par exemple, pour Noël Forgeard. Mais l'AMF, comme ceux qu'elle auditionne cette semaine, risque, elle aussi, sa réputation dans cette affaire! Chargée de veiller au bon fonctionnement des marchés financiers, l'Autorité n'a pas échappé, ces dernières années, aux critiques. Un peu toutes sur le mode "du manque de courage". Ou pire "de la soummission", soit aux intérêts de l'Etat, soit aux intérêts des entreprises. Il y a eu l'affaire Rodhia, l'affaire Vivendi, qui ont terni son image. Celle des délits d'initié au sein d'EADS devait, donc, redorer son blason. Mais, elle semble prendre le même chemin que les autres. Sans préjuger de ce qui va se décider au terme des auditions de cette semaine, le sentiment général aujourd'hui, est celui d'une affaire qui, étape après étape, se dégonfle. Par exemple: au fur et à mesure de l'enquête, de nombreux griefs (pour ne pas dire "chefs d'accusation") ont disparu de la procédure: ça amoindrit, de fait, la portée de l'affaire. Résultat: les dernières conclusions de l'enquête (qui ne seront pas forcément suivies au final, mais qui ont quand même toutes les chances de l'être), les dernières conclusions de l'enquête exonèrent les protagonistes les plus importants de l'histoire: les dirigeants d'EADS encore en place, et les grands actionnaires l'Allemand Daimler, et le Français Lagardère! L'enquête qui devait révéler un "délit d'initiés majeur" jusqu'au plus haut de l'Etat a fait "pshiit". Peut-être est-ce, tout simplement (et évidemment) le reflet de la réalité. Mais l'AMF s'est placée dans une situation bien délicate. Quoiqu'elle décide, elle sera critiquée. Si elle sanctionne durement... de taper sur une entreprise fragilisée par cette affaire de l'A380 et par la crise. Si elle sanctionne mollement... de se coucher devant les intérêts "supérieurs" des enreprises! Précision: l'audition débute aujourd'hui et doit durer toute la semaine. Entendus: 17 dirigeants d'EADS, la maison-mère d'Airbus... soupçonnés de délits d'initiés. C'était fin 2005 / début 2006: la vente d'actions de l'entreprise avant l'annonce des retards du programme A380. Avec à la clé 90 millions d'euros de plus-value! Henri Proglio, qui prend aujourd'hui officiellement, la tête d'EDF. En lieu et place de Pierre Gadonneix. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le nouveau pédégé d'EDF fait une entrée fracassante. Depuis quelques jours, il multiplie les déclarations, critiquant ouvertement le bilan de son prédécesseur. Il promet de revoir de fond en comble la stratégie du groupe. Il souhaite mieux gérer (c'est lui qui le dit) le parc nuclaire français mais aussi il annonce vouloir bloquer la réforme du marché de l'électricité, que prépare le gouvernement! Enfin, il souhaite "refondre" la filière nucléaire française en faisant d'EDF son chef de file à l'exportation, à la place d'Areva.

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