C'est la toute nouvelle publicité de BNP Paribas -son employeur- qui l'a mis hors de lui. On taira son nom parce qu'il risque son poste avec ce qui va suivre, mais l'homme ("le citoyen", dit-il) se dit choqué par le "double discours", "l'hypocrisie" de la banque qui l'emploie. Dans cette pub, BNP Paribas, d'habitude si sage s'amuse à prendre à rebrousse-poil les téléspectateurs. Le spot montre des "vrais gens", qui posent de vraies questions, les "questions qui fâchent". Ca s'appelle "parlons vrai". Face caméra, ils demandent: "Ils vont où vos bénéfices? C'est avec mon argent que vous spéculez? Ils sont justifiés vos frais bancaires?". La pub renvoit, ensuite, à un site internet où toutes les réponses sont apportées. Mais c'est cette question-provoc', qui particulièrement agacé notre salarié (anonyme) de la BNP: "avec la crise, allez-vous continuer à me préter de l'argent? Notre salarié-citoyen s'est étouffé en entendant ça. Parce qu'il l'affirme: depuis lundi... (ce lundi, soit exactement au moment où cette pub était lancée), sa banque, la BNP, a décidé de modifier sa politique tarifaire, en matière de crédit immobilier. Fâché, notre interlocuteur n'hésite pas, du coup, à nous révéler ce qui doit, normalement, rester secret: la nouvelle grille des taux d'intérêt proposés par la BNP. Depuis lundi, ils ont baissé pour les crédits immobiliers, d'une durée inférieure à 20 ans. Et ils ont augmenté pour tous les autres. Ces chiffres sont confirmés par une autre source. Ce qu'ils traduisent, c'est le début, non pas forcément d'un resserrement du crédit (ce que tout le monde craint) mais le début d'une plus grande sélectivité des clients. Je traduis: en augmentant les taux, pour les prêts de plus de 20 ans, la BNP réoriente son activité vers les clients les plus sûrs (les plus riches). Ceux qui n'ont pas besoin de s'endetter sur une très longue durée. Les dossiers plus modestes, les plus risqués, sont, eux, découragés. Renseignement pris, auprès d'un spécialiste: BNP Paribas n'est pas la seule, aujourd'hui, à faire cela. "Toutes les banques s'y mettent". C'est la conséquence des nouvelles normes réglementaires qui encadrent le secteur. On dit "Bâle 3", pour faire sérieux. Les banques sont appelées à prendre moins de risques. Tout le monde le souhaite. Eh bien voilà: les premiers effets, très concrêts (pour vous et moi) apparaissent.

Héritier. Serge Dassault choisit son fils Olivier pour lui succéder à la tête de l'empire familial. C'est à la télé, lundi soir, dans une émission de Mireille Dumas, que Serge Dassault a lâché ce commentaire, au sujet de son fils: "Olivier est beaucoup plus apte que d'autres". Pour beaucoup, cette petite phrase vaut "adoubement". Surtout quand on se souvient qu'il y a 4 ans, le même Serge Dassault avait affirmé qu'aucun de ses enfants n'était assez compétent pour lui succéder. Dans les Echos ce matin, Olivier Dassault -le dauphin désigné, donc- temporise: "c'est une avancée symbolique, dit-il, mon père n'a pas l'intention de lâcher les commandes, tout de suite".Refuge. Nouveau record pour le Livret A. La collecte, à ce stade de l'année, atteint déjà plus de 16 milliards et demi d'euros. C'est 2 fois plus que toute l'année 2010. Avec la crise, le Livret A retrouve son rôle de "placement refuge".

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