C'était hier dans un restaurant parisien, tout près des Champs-Elysées. Un lieu choisi pour permettre à la patronne de General Electric France d'enchaîner rapidemment avec son rendez-vous suivant. On se retrouve installé avec Clara Gaymard (il s'agit d'elle) et, à la table d'à-côté, Michou, en costume bleu électrique évidemment, qui boit du champagne avec 2 vieux copains. Clara Gaymard veut nous parler de la situation de l'économie française, et surtout de son optimisme: "On ne vit pas une crise en ce moment", dit-elle, mais on vit une mutation". "Si on réagit maintenant, si on retrouve la confiance", poursuit-elle, "on peut se redresser". Elle ajoute, lucide,: "je reconnais que ce discours n'est pas facile à tenir, quand on voit ce que les Américains et les Allemands pensent de notre pays". Que pensent-ils justement, de la France, de François Hollande et de sa politique? Clara Gaymard reprend alors le même terme que Christophe de Margerie, le patron de Total, a utilisé, ici même hier,: "il y a de l'incompréhension". Pour elle, "la taxation des riches à 75% et le retour à la retraite à 60 ans, même si la réalité n'est pas vraiment celle-ci, ce sont des mesures qui n'ont pas été comprises, qui ont choqué à l'étranger", confirme-t-elle, "pire que les 35 heures". Un grand banquier, cette semaine, disait exactement la même chose: les premières mesures prises (hausse du SMIC, de l'Allocation de rentrée Scolaire, les embauches de focntionnaires...) ont constitué un très mauvais signal. "Même si François Hollande a veillé à les limiter au maximum", on s'est cru revenus aux premiers mois du quinquennat Sarkozy "quand on claquait l'argent, avec la Loi Tepa". En public, comme en privé, les patrons aujourd'hui, saluent, cela dit, tous le "tournant" pris par le Président de la République. D'abord, sa prise de conscience qu'il faut, enfin, agir. Pas un patron croisé, ces temps-ci, ne répète pas à l'envi qu'il faut (1) diminuer la dépense publique et (2) rendre plus flexible le marché du travail. 2 objectifs fixés par le Chef de l'Etat. Et puis, tous saluent le changement de ton à l'égard des patrons: "le président et ses ministres ont cessé de nous stigmatiser". L'un de ces grands patrons ajoute quand même: "cela dit, il y a encore du boulot à faire. En France, un patron qui qrrive à investir, qui arrive à embaucher et qui arrive à exporter devrait recevoir la légion d'honneur. Et s'il reste ici, et paie ses impôts ici, c'est au rang de commandeur qu'il faudrait l'élever".

On gèle? Le Medef propose de geler les pensions de retraites complémentaires. Proposition faite, hier, au cours de la première séance de négociations avec les syndicats, sur l'avenir de l'Agirc-Arcco, les retraites complémentaires. Le régime est en difficulté, avec plus de 4 milliards et demi de déficit. Hier, le Medef a proposé de geler les pensions pendant 3 ans. Ou de limiter fortement leur augmentation pendant 5 ans. Autre proposition patronale: minorer les retraites de ceux qui partent avant 65 ans. Les négociations, sur cette base, promettent d'être tendues: la prochaine séance est prévue dans un peu plus de 15 jours.On promet. Jean-Marc Ayrault donne des gages aux syndicats, sur le Crédit d'impôt Compétitivité-Emploi. Le Premier ministre leur a promis, hier, une Loi, début 2013, pour adopter des contreparties aux 20 milliards d'euros accordés aux entreprises. La CGT dit même avoir entendu que le crédit d'impôt pourrait être "réversible" si les résultats en terme d'emplois et d'investissement ne sont pas au rendez-vous.

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