Ceux qui l'ont croisé, cet été, l'ont décrit comme "très affecté. Touché, personnellement par toute cette histoire". Cette histoire, c'est l'amende record que BNP Paribas a dû payer, en juillet dernier aux Etats-Unis, presque 9 milliards de dollars pour avoir contourné des embargos américains. L'homme ainsi affecté, c'est Baudouin Prot, le président de la banque. Depuis cet été, la rumeur court: il aurait décidé de quitter de son poste. Au sein de BNP Paribas, des "têtes" sont tombées en raison de cette affaire. Dans la filiale qui a contourné les régles américaines. Au sein de la Direction de la banque également. Georges Chaudron de Courcel, Directeur général délégué, s'est souvenu, subitement cet été, qu'il avait tous ses points de retraite. Mais à aucun moment, semble-t-il, la responsabilité de Baudoin Prot n'a été pointée par la justice américaine. Début juillet, Jean-Laurent Bonnafé, le Directeur général de BNP Paribas déclarait d'ailleurs: "il a vocation à rester président. Il nous aide tous les jours, même si le choc est aussi dur pour lui que pour le reste du groupe". "Aussi dur", parce que Baudoin Prot a été Directeur général de BNP entre 2003 et 2011, soit pendant une bonne partie de la période, au cours de laquelle BNP Paribas a reconnu avoir enfreint les Lois américaines en utilisant des dollars, pour des transactions menées dans des pays frappés d'embargo par Washington. Baudoin Prot, miné, aurait donc décidé de partir. Selon le Figaro, c'est aujourd'hui que le comité spécial mis en place au sein du Conseil d'administration doit faire des propositions pour sa sucession. Et elles seront validés, définitivement, vendredi. Le nom de Jean Lemierre, ex-patron du Trésor aujourd'hui conseiller spéciale de la banque -c'est lui, notamment, qui a négocié avec la justice américaine- est avancé. Selon le quotidien l'idée d'aller chercher Christian Noyer, actuel gouverneur de la Banque de France, aurait aussi été étudiée. En tout cas, la banque aurait décidé d'aller vite pour gérer le départ de son président. Pour éviter, notamment, que le pouvoirs publics s'en mèlent, et tentent d'imposer un candidat.

Exilé fiscal, qui es-tu? C'est la question que vient de se poser le ministère de l'Economie et des Finances. Dans une note destinée à la Commission d'enquête parlementaire sur l'exil fiscal, que révèle Les Echos, ce matin. Bercy établit le profil de ces redevables à l'ISF, l'Impôt de Solidarité sur la Fortune, qui quittent la France. Ils étaient exactement 587, en 2012. Il n'y a pas d'exode massif, en tout cas cette année-là. On est même loin des niveaux, constatés entre 2006 et 2009. Le patrimoine moyen de ses "riches" qui quittent la France s'élève à plus de 6 millions. Ils gagnent en moyenne 800 mille euros par an. Au total, ce sont 3 milliards 700 millions d'euros de patrimoine "taxable" qui sont partis à l'étranger, au cours de cette année 2012.

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