C'est, sans doute, une subtilité, un détail, qui échaperra à la plupart de ceux qui ont l'intention de manifester, le 7 septembre, contre la réforme des retraites. Elle échappera, aussi à ceux qui n'ont pas l'intention de manifester. Cette subtilité, la voici: Force ouvrière, hier, a refusé de signer l'appel de l'Intersyndicale. Le syndicat de Jean-Claude Mailly appelle, bel et bien, à manifester et à faire la grève ce jour-là mais, il refuse de se joindre au mot d'ordre général, rédigé par les 7 autres organisations syndicales. FO, qui faisait son retour au sein de l'Intersyndicale (après l'avoir longuement boudé) continue, donc, à jouer sa petite musique. Une partition qui agace, franchement, ses camarades. "Ils ne nous rejoignent que maintenant, débarquent... et foutent le boxon" confiait, hier soir, un participant à la réunion, qui a trouvé les débats bien moins sereins que d'habitude (quand ils se faisaient sans FO): "Ils pinaillent sur tout... (c'est un membre de la CGT qui parle)... et, finalement, leur position -"on y va, mais on ne signe pas"-, ça ne leur sert qu'à exister dans les médias. Sans cela, ils disparaîtraient derrière la CFDT et la CGT". De son côté, Force ouvrière explique sa position simplement: aucun syndicat ne veut de cette réforme, et pourtant, ils ne veulent pas (à part SUD) faire du retrait "pur et simple" du texte, le but de la mobilisation. "Puisque le terme "retrait" ne figure pas dans le texte de l'Intersyndicale, on ne le signe pas!". Réponse de la CFDT: "mais si on ne parle pas de retrait, c'est pour ne pas tomber dans le panneau du gouvernement et apparaître comme les éternels opposants aux réformes, comme les "'indécrôtables" réfractaires au changement. "Une réforme des retraites, il en faut une... mais pas celle là!": c'est aussi le discours de la CGT, qui a, depuis plusieurs mois, réglé en interne cette question. Le syndicat réclame une "réécriture" du texte du gouvernement. Pas son retrait. C'est subtile (s'il faut écrire une nouvelle Loi, il faudra bien retirer la première)... mais, bon, ça permet de ménager une "porte de sortie", et de canaliser, en tout cas à ce stade, les franches les plus à gauche des troupes syndicales. Appeler au retrait, ou pas, cette "petite guerre des mots" renvoie, donc, déjà les syndicats, à l'après-7 septembre. Même réussie, cette journée de mobilisation -forcément- ne suffira pas à faire plier le gouvernement. Ils doivent, donc, déjà s'entendre pour imaginer la suite. Les fruits et légumes coûtent très chers, cet été! C'est ce qui ressort d'une enquête menée par Familles rurales, et que publie, ce matin, le quotidien "La Croix": d'un été à l'autre (entre l'été 2009 et l'été 2010), le prix des fruits a bondi de 11%. Celui des légumes de 5,5%. On n'est pas, cela dit, au niveau de 2008, une "année record", mais pour cet été, les hausses les plus fortes sont pour les pêches, et les tomates. Le prix des fraises, lui, est en recul de 13%, sur un an. L'enquête de "Familles rurales" note, également, que les fruits et légumes "bio" sont bien plus chers que les autres. De presque 70%. Si les poires, les salades s'en sortent pas trop mal, les nectarines "bio" et les haricots verts "bio" sont presque à ranger au rayon "grand luxe".

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