C'est un graphique qu'on trouve dans le dossier, distribué, hier après-midi, à Bercy, à l'occasion de la conférence de presse de présentation du "programme de stabilité". Il retrace l'évolution de la dette publique française, évolution passée, et projections jusqu'en 2017. Il saute aux yeux. D'abord parce qu'il rappelle un évidence: en 2002, la dette française représentait 59% de la richesse nationale, aujourd'hui, on est autour de 95%! Il saute aux yeux, également, parce que sa présentation suggère un comparatif Droite-Gauche. En bleu, les années avec un gouvernement de Droite (2002-2012), et une grosse flèche bleue orientée nettement à la hausse (comprendre: la Droite accroisse la dette"). En rouge, les années de gauche, et une grosse flèche rouge horizontale ("la Gauche stabilise la dette"). C'est un peu grossier parce que dans le détail du graphique, on voit bien que la réalité est plus subtile. Certes les tendances sont là mais la hausse de l'endettement, malgré tout, se poursuit bien, en années "rouges", après l'élection de François Hollande. Jusqu'à cette année, en fait. Et dans les années "bleues" (de la Droite), on doit constater que la dette a diminué, en 2006/2007. Peu importe, finalement. Pour Bercy, ce graphique doit surtout montrer que la stratégie économique et budgétaire du gouvernement va payer. Dès 2016, l'endettement de la France devrait reculer. Les ministres de Bercy l'expliquent volontiers: c'est parce qu'on va réduire le déficit, c'est parce qu'il va repasser sous les 3%, que cette inversion, cette inversion-là deviendra possible. "Les 3%, ce n'est pas du fétichisme ni de la soumission" conclut Michel Sapin, à destination autant de l'opinion publique que de sa propre majorité qui rechigne, mais c'est le seuil à partir duquel la dette commence, donc, à diminuer. Le graphique le prouve. La théorie l'affirme aussi ("si un Etat a une dette de 60%, affiche un PIB en croissance de 2%, avec une inflation de 3%, et si son déficit se cale, donc, sur 3%, alors sa dette sera stable"). C'est ce qui avait justifié que ça devienne une régle européenne. Mais pour la France d'aujourd'hui, on voit bien qu'aucune des données théoriques de base n'est réunie, pas de lien direct évident avec le désendettement promis. Les 3%, totem politique et éconnomique, restent, au final ce qu'ils sont: un chiffre inventé, sur un coin de table, en France, dans les années 80, par des fonctionnaires du ministère des Finances, à la recherche d'une statistique "choc".

Trop fort. L'euro fort se paye "cash" pour certaines entreprises. C'est le cas de Michelin. Le groupe présentait, hier, ses résultats pour le 1er trimestre. Une baisse de 2,4% de son chiffre d'affaires alors que ses ventes, en volume, pourtant, progressent. La différence, c'est l'euro fort, en grande partie. "La force de l'euro face aux dollars américain, canadien et australien, au réal brésilien, à la livre turque, au rouble russe, au peso argentin au rand sud-africain, face à toutes les monnaies en fait", a dit le directeur financier du groupe, la force de l'euro a coûté plus de 230 millions d'euros à Michelin, au cours des 3 premiers mois de cette année.Trop faible? L'Américain General Electric serait en passe de racheter Alstom, en difficulté. C'est Bloomberg qui l'affirme. L'agence de presse évoque une opération à plus de 13 milliards de dollars, parle de "discussions avancées" Une porte-parole d'Alstom dément, et parle de "rumeurs sans fondement".

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