Une chronique de Régis Lachaud. __ Cette question, plus de deux millions de familles pauvres en France sont obligées d'y répondre par l'affirmative chaque mois, selon une étude du Credoc pour le haut commissariat aux solidarités actives. Etude passionnante réalisée en novembre sur deux échantillons représentatifs de la population dans son ensemble d'un côté et, de l'autre, des ménages qui vivent sous le seuil de pauvreté (880 euros par mois pour une personne seule, rappelons-le.) Les auteurs s'intéressent notamment à la notion de "reste à vivre" entre guillemets. Ce qui reste une fois payées les dépenses fixes (loyer, crédits, chauffage et autres charges comme l'électricité ou le téléphone). Résultat, 56% des familles pauvres qui ont répondu à la question déclarent moins de 250 euros par mois de "reste à vivre". Plus grave encore, plus d'une sur sept (15%) se retrouve avec un montant négatif ! En clair, le compte est à découvert dès le premier du mois du fait des factures et crédits récurrents ! La situation est également préoccupante pour l'ensemble de la population, jugez plutôt : 57% des ménages qui vivent en France déclarent moins de 500 euros de "reste à vivre", pour payer chaque mois la nourriture, les vêtements, les déplacements et les loisirs - moins de 17 euros par jour. Au-delà de cette seule question du reste à vivre, l'étude du CREDOC confirme, sur 50 pages, que la pauvreté a augmenté en France ces derniers mois, notamment pour les familles monoparentales et les travailleurs pauvres. 47% des personnes interrogées estiment, par exemple, qu'elles s'en sortent plus difficilement qu''il y a trois mois. A noter que Martin Hirsch, le Haut commissaire aux solidarités actives, compte utiliser cette étude pour mesurer tous les trimestres l'évolution de la situation. Un véritable baromètre social donc, dont la première édition est déjà disponible en ligne, si vous souhaitez en savoir plus : www.toutsurlersa.fr La principale information, ce matin, porte sur l'assurance chômage. Les négociations sur la nouvelle convention Unedic valable en 2009 et 2010 se sont terminées tôt ce matin. Syndicats et patronat ont mis au point un projet d'accord qui prévoit plusieurs changements : la durée de travail nécessaire pour une première indemnisation passe de six à quatre mois et chaque jour travaillé donnera droit à une journée d'indemnisation. Son montant reste fixé à 57% du dernier salaire brut. Les syndicats décideront en Janvier s'ils signent ou pas le texte. Seule la CFDT estime pour l'instant que l'objectif d'indemniser plus de chomeurs est atteint. La CGT dénonce un projet qui n'est "pas à la hauteur de la crise actuelle". Au Japon, le gouvernement vient d'adopter le plus gros budget de l'histoire du pays pour financer notamment les plans de relance destinés à sortir la deuxième économie mondiale de la récession. Montant prévu des dépenses : 720 milliards d'euros d'avril 2009 à mars 2010. En Allemagne, la presse quotidienne évoque la préparation d'un plan de relance gouvernemental de 25 milliards d'euros, ce qui représente 1% du PIB allemand. "Parmi les mesures évoquées, on peut citer une baisse des cotisations maladie et des investissements dans les infrastructures.

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L'étude du CREDOC

Les conséquences de la crise sur les ménages et particulièrement les plus pauvres.

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