Il le dit d’entrée : "je suis professeur, et dans la vie j’aime agir conformément à ce que j’enseigne. Et là, ce n’était plus possible". Noël Amenc est professeur, en effet. Professeur de finances à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales, l’Edhec. Depuis 2 ans, il faisait aussi partie du Conseil Scientifique des Indices, au sein de NYSE-Euronext, la société qui gère, notamment, la Bourse de Paris. Mais, il y a quelques semaines, il en a claqué la porte, et voici pourquoi. Le Conseil Scientifique de la Bourse de Paris, c’est lui, par exemple, qui a décidé qu’aujourd’hui (lundi 24 décembre, veille de Noël) Alcatel-Lucent devait quitter le CAC 40, remplacé par Gemalto. Au cours de l’année qui s’achève, c’est encore ce Conseil qui a décidé de "sortir" PSA Peugeot Citroën de l’indice phare de la Bourse de Paris, pour le remplacer par le chimiste Solvay. C’est précisément cette décision qui a poussé Noël Amenc à la démission. Il ne parle pas de malhonnêteté, mais suggère, en revanche, de potentiels "conflits d’intérêts". Et il dénonce, très concrètement, l’absence de règles précises permettant de déterminer quelle société peut faire partie du CAC 40, et quelle autre ne le peut pas. Il existe bien 2 critères "objectifs" (le montant du capital dit "flottant", c'est-à-dire à disposition sur le marché, et le volume des échanges) mais un autre peut aussi compter: l’emprise économique de la société considérée (son histoire, son implantation...). Dans le cas de Solvay, selon Noël Amenc, on a fait comme si le chimiste, pourtant de nationalité belge, pourtant coté à Bruxelles, et faisant même partie de l'indice phare bruxellois, on a fait comme si Solvay était français, alors qu’il ne réalise que 10% de son chiffre d’affaires, en France. Noël Amenc décrypte: si les entreprises ont intérêt à faire partie des grands indices boursiers, les opérateurs de bourse, aussi, tirent bénéfices de leur présence: parce que ces grands groupes, comme Solvay, génèrent de gros volumes d’échanges et donc plus de revenus! Le conflit d’intérêt est là : l’enjeu commercial peut l’emporter sur la définition scientifique de l’indice. Une dérive facilitée par le fait que les membres du Conseil, chargés de cette mission, sont choisis par l'opérateur lui-même. Du coup, "les pressions sur les membres du Conseil scientifique sont possibles" affirme Noël Amenc. Sans critère précis et incontournables pour déterminer la composition du CAC 40, et sans charte déontologique rigoureuse pour les membres du Conseil chargé de l’évaluer, "la situation est devenue intenable pour moi" dit Noël Amenc. Qui conclut, sans détour: "je ne pouvais plus apporter ma caution universitaire" à ce Conseil et à la bourse de Paris.

Et la croissance? La croissance française inquiète toujours. Elle a beaucoup alimenté les commentaires, ce week-end... après la prise de position du FMI, qui doute que la France atteigne les objectifs qu'elle s'est fixé, pour l'année prochaine : une croissance à 0,8% et des déficits ramené sous les 3%. Jean-Marc Ayrault est, du coup, monté au créneau. Le Premier ministre, samedi, a répété que la France tiendrait ses engagements. Selon un journal espagnol, la Commission européenne serait prête à accorder un délai supplémentaire d'un an, à la France et l'Espagne pour leur permettre de remplir leurs objectifs, en matière de déficits.

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