On a tous vécu ça, et ce sera le cas, encore, lors des dîners de réveillon et repas de famille qui arrivent: il y a toujours un convive (le papy, le cousin, ou la tata, ou le nouveau copain de sa soeur), y'en a toujours un pour prédire le pire. "On est foutu, on est tous morts", ça marche quelque soit le sujet, les OGM, les gaz de schistes, l'austérité, le travail du dimanche, les syndicats, le gazole.... Lancez un sujet de conversation par tester, ce soir ou demain, et vous verrez. En Economie aussi, on trouve toujours un mauvais coucheur, celui pour nous annoncer le pire. Est-ce que c'est parce qu'ils encore sonnés par la crise financière, dont ils ne sont pas les derniers responsables, mais depuis quelques temps, ce sont les banquiers qui jouent ce rôle-là. Les premiers signaux d'une reprise, certes timide, sont là (l'INSEE annonce un premier semestre 2015, en France, qui pourrait être créateur net d'emplois), mais eux, les banquiers, restent prudents, sceptiques. Et, au final, encore assez inquiets. L'un d'eux, croisé récemment, livre son analyse. En résumé:" 2015, effectivement, ne devrait pas être mauvais mais c'est après que ça va se gâter". Son explication: la reprise de l'activité que l'on constate est largement dû à la baisse de l'euro, à la baisse du pétrole et au taux d'intérêt qu'on avait jamais vu aussi bas... tout ça -forcément!- prendra fin un jour, et là, ce sera la catastrophe. Pour le pétrole, le baril à moins de 60 dollars -c'est mécanique- va pousser, et pousse déjà (c'est vrai) à l'arrêt des investissements. Résultat: la croissance revenant, la demande mondiale de pétrole va finir par remonter, et ne trouvera plus l'offre suffisante. Demande supérieure à l'offre: les prix vont (re)gripper en flèche, cassant la croissance. Et comme au même moment, les taux d'intérêt pourraient, eux aussi, repartir à la hausse (le pire des cas étant une remontée brutale), tous les endettés, les Etats, les entreprises, les ménages, se retrouveront dans une situation extrêmement périlleuse. Notre banquier, "grand banquier de la place de Paris", comme on dit, imagine une telle catastrophe en 2017! Franchement, celui-là, ne l'invitez pas pour votre réveillon... oubliez son scénario du pire. Et passez un bon Noël!

24 heures chono. Le gouvernement rassure les patrons sur les temps partiels. C'est l'un de leur sujet de mécontentement. Depuis le 1er juillet dernier, plus aucun contrat à temps partiel ne doit être inférieur à 24 heures par semaine. Des dérogations sont prévues: individuelles (si le salarié demande à travailler moins), collectives (si un Accord de branche est signé) mais subsistaient encore des incertitudes juridiques, selon le patronat. Le gouvernement s'apprête à les lever. Selon les Echos, une ordonnance est en préparation. Et elle va donner une lecture a minima de la Loi. Les CDD de remplacement, par exemple, échapperont à la mesure. Pour les contrats en cours, ou si le salarié change d'avis, aucun alignement sur la limite minimale de 24h ne sera automatique.

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