Ce sera fait, terminé, bouclé, avant la fin du mois prochain. Et c'est François Pérol, l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée passé, à la faveur de la crise financière, à la tête du groupe Banques populaires Caisses d'Epargne qui l'a annoncé, hier: sa banque a décidé d'accéler et d'achever le remboursement de l'aide de l'Etat, dont elle a bénéficié, au pire moment de la crise. Et qui, clairement en ce qui la concerne, lui a permis de ne pas sombrer, emporté par sa filiale Natixis. Au total, le groupe Banque Populaire Caisse d'Epargne a reçu un peu plus de 7 milliards d'euros de la part du contribuable français: de loin, le plus gros chèque signé. Il lui reste encore 2 milliards 200 millions d'euros à rembourser: ce sera donc fait, dans quelques jours. Si on exclut le cas un peu particulier de la franco-belge Dexia, toutes les banques françaises auront alors rendu à l'Etat, l'argent prêté! Que ceux qui craignaient une "entourloupe" se rassurent: l'argent n'a donc pas disparu, ne s'est pas volatilisé. Et l'opération en a même rapporté. Beaucoup. Pour le seul mécanisme d'apport en fonds propres aux banques, l'Etat a empoché plus d'un milliard et demi d'intérêts! Et plus de la moitié provient des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne, qui insistent pour dire que cet argent a été prêté à un taux élevé: plus de 11% en moyenne sur la période. BNP Paribas, qui a moins emprunté et moins longtemps, n'a payé que 4,3% d'intérêt. "Ce sera... c'est une bonne affaire" répètent, depuis le début de l'opération, le gouvernement. Sauf qu'elle aurait pu être, et on le sait, bien plus belle encore si l'Etat s'y était pris autrement. Si, contre l'avis de Michel Pébereau notamment, le Président de la BNP, convié aux "réunions de crise" à Bercy, le gouvernement avait décidé de soutenir les banques en achetant directement (comme d'autres Etats l'ont fait) des actions de ces sociétés. En ne procédant pas ainsi, en choisissant une autre méthode, l'Etat français s'est ainsi privé de la hausse des cours de bourse des banques... hausse pourtant directement imputable à son soutien. La Cour des Comptes, l'année dernière, avait chiffré le manque à gagner à presque 6 milliards d'euros. 6 milliards d'euros de perdu. Chère révolution. Une grande entreprise française pourrait payer cher les "révolutions" au Moyen-Orient, c'est le cimentier Lafarge. L'agence de notation Standard & Poor's vient d'annoncer qu'elle envisage, sérieusement, de dégrader, la note du groupe, en raison de son exposition au Moyen-Orient. Et en particulier en Egypte. Cette "dégradation" placerait Lafarge, carrément, au rayon des "obligations pourries". Autrement dit, des placements risqués, et spéculatifs. Si la décision était confirmée, le cimentier, très endetté, verrait son accès aux financements se compliquer, et le coût de ses crédits augmenter. Orange remaniée. Stéphane Richard va devenir PDG de France Télécom/Orange, mardi prochain, 1er mars. Jusqu'ici, il n'en était que le Directeur général. Son Conseil d'administration a validé la décision, hier. Didier Lombard, président, quitte, donc ses fonction mais reste "conseiller spécial". Pour les syndicats, ça lui permet de garder le bénéfice de ses stocks-options et de sa future retraite-chapeau. Ce matin, France Telecom publie ses résultats financiers pour 2010. Un bénéfice de 4 milliards 9. +35%. D'autres bénéfices. Le Crédit agricole annonce, lui ce matin, 1,2 milliards de profits pour 2010.

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