Dans Libération ce matin, le patron de BPCE, le groupe Banques Populaires/Caisse d'Epargne, François Pérol le dit tout net, en début d'interview: il n'a pas l'intention de s'excuser pour les profits qu'il vient d'annoncer pour ses banques. Plus de 2 milliards 600 millions d'euro de bénéfices, l'année dernière. Ca place BPCE à la deuxième marche du podium des banques françaises, entre BNP Paribas et la Société Générale. François Pérol s'explique: ses profits représentent un retour sur investissement de 6%. "Rien à voir", insiste-il, avec les marges de la téléphonie mobile ou du luxe. Nos résultats ne sont "ni confiscatoires, ni scandaleux", dit-il encore. En fait, comme les autres patrons des grandes banques françaises, il estime qu'avec l'année qu'ils viennent de vivre, leurs entreprises ne s'en sortent pas si mal. A l'exception de Dexia, en perdition. Et en relativisant les pertes du Crédit Agricole (1 milliard et demi). De fait, toutes les banques françaises affichent des reculs très marqués de leurs résultats: grosso modo, entre -20 et -40%. La faute à la Grèce, d'abord qui a fait perdre, au total, 13 milliards d'euros, aux banques françaises. François Pérol explique, toujours dans cette interview à Libération, ce matin, que la principale responsabilité de cette situation revient, en fait, aux autorités françaises. C'est croustillant à lire: celui qui est passé de l'Elysée, où il était secrétaire général adjoint, à la direction des Banques Populaires et de la Caisse d'Epargne, directement, sans passer par la case "Commission de déontologie" (on se souvient du scandale), celui, donc, qui représentait précisément l'autorité publique jusqu'en 2009, se plaint des mêmes autorités, qui, quelques mois à peine, après son transfert vers le privé, ont demandé aux banques de ne pas vendre leurs titres grecs. L'objectif (louable à l'époque), c'était de pas accentuer la crise mais le résultat, c'est cette facture grecque "énorme", au final. Facture qui s'est ajouté au ralentissement de l'économie européenne, au retrait des fonds américains d'Europe l'été dernier, et aux nouvelles normes réglementaires. Tout ça a vraiment plombé les comptes. Alors, il faut les croire -et, pour le coup, c'est assez facile- quand les banques françaises affirment qu'elles ont plutôt bien surmonter de cette terrible année 2011.

Moins d'embauches. Les entreprises françaises ne créent pas d'emplois. Elles ont même, une nouvelle fois, réduit leurs embauches, le mois dernier: -2,7%, estimation de l'Acoss, ce matin. Ce recul n'augure "rien de bon" pour les chiffres du chômage, qui doivent être rendus publics, ce soir. Si les entreprises n'embauchent pas, elles multiplient, en revanche, les heures supplémentaires. 738 millions d'heures supp' ont été déclarées, l'année dernière. Soit plus qu'en 2008, première année pleine de leur déficalisation.Récession. La zone euro sera en récession, cette année, selon la Commission européenne, elle-même. La France et l'Allemagne devraient y échapper.Petroplus. Nicolas Sarkozy attendu à la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, ce matin. A l'arrêt depuis le mois dernier. Le Président-candidat va rencontrer les syndicats. Au Parlement, le gouvernement a fait inscrire à l'odre du jour, l'examen d'une proposition de Loi UMP qui vise à bloquer toute tentative de démentèlement d'une entreprise en difficulté, par exemple, pour exonérer sa maison-mère de ses obligations légales. La proposition vise clairement Petroplus.

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