C'est dommage, mais hier soir, dans "son" 20 heures, sur TF1, Claire Chazal n'a pas insisté, n'a pas relancé, n'a pas poussé Carlos Ghosn dans ses retranchements quand elle lui a posé "la" question du moment, au sujet de l'affaire d'espionnage présumé qui touche le constructeur. Le patron de Renault s'expliquait pour la première fois, à la télévision, sur cette affaire. Pour la première fois, il se "mouillait", comme on dit, montait en première ligne dans ce dossier. Sur le plateau de TF1 hier soir, Carlos Ghosn répétait, depuis le début de l'entretien les arguments déjà lus, le matin même, dans le Journal du Dimanche ("les soupçons sont sérieux", "les secrets volés concernent le modèle économique de la voiture électrique", "Renault, lors de son enquête interne, a respecté le Droit", il fait "confiance à la justice française et se met à sa disposition", etc, etc...)... Carlos Ghosn déroulait, donc, ses arguments sans ciller, quand Claire Chazal, finalement, lui pose cette question: "est-il possible que vous soyez, tous, des victimes -les 3 cadres incriminés, qui clament leur innocence, et vous-même... tous victimes d'une tentative de destabilisation extérieure". Dans cette hypothèse, qui circule, "quelqu'un" (une organisation, une entreprise, un pays. On ne sait pas aurait monté ce que, paraît-il, on appelle dans le milieu du renseignement, un "chantier": c'est-à-dire aurait fabriqué des faux de toutes pièces. Y compris ces comptes en Suisse et au Lichtenstein, découverts lors de l'enquête interne lancée par Renault, et qui sont, aujourd'hui, apparemment, introuvables. Le but, alors, aurait été non pas d'obtenir des informations sur le programme "voiture électrique" de Renault mais de retarder, au maximum, sa mise en place. "Nous verrons bien les conclusions de l'enquête" répond Carlos Ghosn à cette question. Claire Chazal ajoute, alors -et c'est bien vu- "donc, vous ne l'excluez pas?". Carlos Ghosn alors esquive, passe à autre chose. Sans être contredit, ni relancé. C'est dommage parce que ce scénario, c'est celui aujourd'hui que mettent en avant certains avocats des cadres mis en cause. Et aujourd'hui, dans l'état actuel des connaissances, c'est pour beaucoup un scénario "crédible": celui qui peut réunir, sans les contredire, les 2 versions connues: d'un côté les "preuves multiples" avancées par Carlos Ghosn (et qu'il a remis, dit-il, à la justice), et, de l'autre, les déclarations des 3 cadres qui jurent, sur tous les tons (aux accents plutôt crédibles), qu'ils sont innocents. L'ISF rapporte plus que prévu. Ce sont "Les Echos" qui l'affirment ce matin. L'Impôt de Solidarité sur la Fortune aurait rapporté à l'Etat, l'année dernière, 4 milliards et demi d'euros. C'est 1 milliard de plus que prévu initialement. Pour les finances publiques, c'est évidemment une bonne nouvelle. C'est aussi le signe que la crise est bien terminée. Pour les plus aisés, en tout cas. Cela dit, pour le gouvernement, ces rentrées fiscales plus importantes que prévu compliquent la réforme fiscale annoncée puisque ça signifie que pour supprimer l'ISF, et compenser financièrement sa disparition, il va falloir augmenter plus fortement encore les impôts sur les revenus du capital. Dailymotion orange. Orange/France Telecom s'apprête à racheter Dailymotion, l'une des "pépites" françaises de l'internet: un site de partage de vidéos, le "YouTube à la française". L'opération devrait être officialisée demain. Orange prendrait entre 30 et 50% du capital de Dailymotion.

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