Hier à Bercy les ministres allemand et français des finances avaient convoqué les mêmes esprits, ceux de la confiance... confiance sur la reprise à venir de leurs économies respectives. En Allemagne, « la situation est bonne, l'économie compétitive, le chômage faible : la stagnation des derniers trimestres n'était donc que provisoire, il y aura une reprise en 2012 ». Même tonalité côté français, le gouverneur de la Banque de France - il est vrai habitué à un optimisme quelque peu angélique - Christian Noyer donc s'attend à « une accélération de l'activité proche de l'Allemagne ». Lui ne parle pas de stagnation d'ailleurs mais de stabilité de l'économie au dernier trimestre et évacue les prévisions de récessions annoncées par certains. Comme un air de reprise flottait donc dans l'air de Bercy hier... Il faut dire que malgré la dégradation de la note de la France par Standard & Poor’s, les taux d'emprunts à 10 ans - qui font référence - n'ont pas augmenté ; au contraire la France emprunte aujourd'hui moins cher que début janvier. Car les marchés avaient anticipé cette dégradation, ils ont même déjà anticipé une 2éme dégradation si elle devait se produire. Et c'est le propre des marchés financiers, ils anticipent un peu comme la France et l'Allemagne hier qui anticipent la reprise. Les marchés eux sont censés avoir 5 à 6 mois d'avance sur l'économie réelle. En 2007 par exemple, ils annonçaient la crise alors que les industriels avaient des carnets de commandes plein ! Eh bien, en ce moment ils sont plutôt à la fête avec un peu plus haut pour le CAC40 depuis 3 mois hier. L'an dernier le CAC a perdu 17%, cette année certains analystes osent évoquer une performance de 20%. Un air de reprise flotte donc aussi sur les marchés financiers... Sauf que ce ballon d'air frais on le doit en grande partie à l'intervention massive de la Banque Centrale Européenne. La BCE a prêté à seulement 1% prés de 500 milliards d'euros il y a tout juste un mois ; des prêts censés amortir le risque de rechute, éviter la récession annoncée par certains. Cette abondance de liquidité offerte par la BCE à nos banques doit donc donner la possibilité à ceux qui veulent investir de le faire. Une stratégie qui commencer à payer car selon le Financial Times d'hier les fonds d'investissements américains qui n'investissaient plus un centimes dans nos banques reviennent sur nos marchés. Alors reprise es-tu là ? En tous cas, certains y croient !

Mauvaise nouvelle. Bruxelles refuse l'offre volontaire des créanciers privés de la Grèce, trop faible selon l'Eurogroupe. Bruxelles s'en prend aussi à Athènes qui ne réduit pas assez ses déficits.

Bonne nouvelle. Le futur Mécanisme européen de secours successeur du Fond de soutien est sur les rails. La directrice du FMI Christine Lagarde souhaite que ses moyens soient renforcés, une proposition soutenue par la France mais pas par l'Allemagne. Christine Lagarde s'est aussi prononcée pour la création d'euro-obligations qui permettraient de mutualiser la dette européenne.

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