C'était l'une des toutes premières conférences, organisées ici à Davos, hier. La salle était comble et pour cause, il s'agissait de discuter de l'état de la finance mondiale, presque 5 ans après la chute de Lehman Brothers. Les grands banquiers mondiaux, américains notamment, sont comme chez eux, ici à Davos, mais il faut le dire, ils ont vécu plutôt mal les dernières éditions du Forum. Les responsables politiques, comme les patrons, ne les ont pas ménagé en dénonçant, ici même, leurs responsabilités et leurs dérives. Pour cette édition 2013, le New York Times, il y a quelques jours, prédisait une ambiance sans doute "plus agréable", "plus sympathique" pour les banquiers, la table ronde, organisée hier, laisse une impression plus mitigée. L'accueil des banquiers présents (notamment Jamie Dimon, patron de JP Morgan, Axel Weber, patron d'UBS), a été, par exemple, glaciale. La conférence était, en effet, retransmise en direct sur la chaîne américaine CNBC, et la séance a commencé avec un clip, digne d'une bande-annonce de film catastrophe. Tous les récents scandales bancaires, y compris impliquant les patrons présents dans la salle, ont été rappelé. C'était très efficace et on a vu, alors, les visages se fermer, les sourires se crisper. Passé ce mauvais moment, le ton est, ensuite, redevenu plus conforme à "l'esprit de Davos", plus policé, même si le débat est resté tranché. Le représentant du FMI présent, le Chinois Zhu Min, a redit que, pour son institution, le secteur financier mondial pèse encore "trop lourd". "Il faut finir les réformes engagées" a-t-il répété. Le patron d'un Fonds spéculatif a estimé, lui aussi, que le secteur bancaire est aujourd'hui encore "trop gros, trop opaque, trop endetté". Mais ça lui a valu des répliques acerbes de Jamie Dimon. Le patron de JP Morgan a eu du mal d'ailleurs a cacher son agacement face à toutes ses remarques. C'est lui, qui il y a 2 ans, ici même, à propos de la régulation des banques, disait déjà "trop, c'est trop". Hier, il a repris le même refrain, affirmant que sa banque travaille "très bien", fournit des liquidités à tous, et fait tourner l'économie. "Là où la finance s'arrête, l'économie s'arrête" dira l'un de ses collègues. À Davos hier, les banquiers ont clairement joué sur la corde sensible, au moment où l'activité économique fait défaut. "si voulez de la croissance, relâchez la pression sur les banques". La question a, alors, été posée à la salle: "faut-il réguler encore plus le secteur bancaire?" a demandé la journaliste de CNBC au public présent. Seuls quelques doigts se sont levés! Cameron à Davos. Le Premier ministre britannique est, évidemment, très attendu, après l'annonce, hier, du référendum sur le maintien ou non de la Grande-Bretagne, dans l'Union européenne. Un grand patron anglais a très mal réagit, dès hier matin. Il s'appelle Martin Sorrell, patron de la plus grande agence de publicité du monde, WPP (en français). C'est le "Maurice Lévy britannique", si vous voulez. "On n'avait vraiment pas besoin de ça" a lâché Martin Sorrell, "ça ajoute de l'incertitude et une raison de plus de repousser les décisions d'investissements au Royaume-Uni". David Cameron vient, donc, ici ce matin, rassurer le monde des affaires. David Cameron attendu. Refroidis. Des patrons douchés, hier, par les dernières prévisions du Fonds Monétaire International. Révisées très légèrement à la baisse pour l'économie mondiale, avant un rebond annoncé pour 2014. Le FMI prévoit, dans l'intervalle, une 2ème année consécutive de récession pour la zone euro.

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