Tous ceux qui sont passés par les Affaires sociales (François Fillon, en tête) le disent : il faut du temps pour apprécier ce ministère. Brice Hortefeux n'en aura pas bénéficié. Il quitte aujourd'hui la rue de Grenelle pour le Ministère de l'Intérieur, et ce moins de 6 mois seulement après son arrivée. Son "bilan est blanc... forcément" commentait, hier soir, un leader syndical qui, comme tous ses collègues, ne semble pas vraiment le regretter. Ce départ "précipité" ne les surprend pas, non plus : il n'a jamais véritablement pris à bras le corps sa tâche, lui qui rêvait du ministère de l'Intérieur. Et qui l'a donc, enfin, obtenu. "Il écoute, il est plutôt agréable... mais il est très vite largué dès que la discussion devient technique". Voilà comment les syndicalistes résumaient leurs rencontres avec Brice Hortefeux. Les "Affaires sociales" ce n'est clairement pas sa "tasse de thé" a dit un jour Jacques Voisin, le président de la CFTC. "Il faut qu'il bosse ses dossiers" disait aussi publiquement Jean-Claude Mailly, de FO, il y a quelques jours. Les journalistes, spécialistes des questions sociales, sont ressortis avec le même sentiment, il y a peu, d'une rencontre avec Brice Hortefeux, rencontre au cours de laquelle, le ministre n'a cessé de s'en remettre à ses fiches et à ses conseillers. Les mêmes à qui, un jour... juste avant une émission de télé, en salle de maquillage, il demande, un peu paniqué : "au fait, c'est combien le SMIC ?". Son seul dossier aura été, finalement, le travail du dimanche. Et son seul "coup d'éclat", c'est sa déclaration (c'était sur France Inter) sur l'âge de départ à la retraite qu'il faut reculer. "Ballon d'essai" qui conduit à la réforme que devra mener finalement son successeur, Xavier Darcos. Cela dit, tout le monde accorde à Brice Hortefeux une circontance atténuante, et - on doit le reconnaître - elle n'est pas mince. Alors que la crise fabrique des milliers de chômeurs, son ministère n'est pas chargé de l'Emploi, portefeuille donné à Bercy, depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy (et ça n'a pas changé avec le remaniement d'hier). Sa marge de manoeuvre, sa "manière d'exister", étaient minces, alors que son prédécesseur, Xavier Bertrand, avait eu, lui, à mettre en place plusieurs réformes emblématiques, comme celle des régimes spéciaux ou le service minimum dans les transports. Un hebdomadaire résumait sa situation récemment : "Brice Hortefeux, un ministre sans emploi". Un nouveau gouvernement... mais la même politique ! Eric Woerth, qui reste ministre du budget, présente aujourd'hui, les principales orientations de son projet de Loi de finances pour 2010. Il va confirmer la suppression de près de 34 000 postes de fonctionnaires. Dont 16 000 dans l'Education nationale (après déjà 13 500 prévus, cette année, et un peu plus de 11 000, en 2008). C'est Luc Chatel, qui remplace Xavier Darcos à l'Education, qui va devoir assumer. Michèle Alliot-Marie, qui arrive à la Justice, peut être contente, elle : c'est la seule mission qui verra, l'annnée prochaine, ses effecitfs gonfler (+400.) Des gardiens de prisons, notamment. L'extension des Contrats de Transition Professionnelle coûterait très cher. La bagatelle de 5 milliards d'euros. Estimation, hier, du patron de l'Unedic qui juge, en fait, "impossible" la proposition de Nicolas Sarkozy, avant hier, à Versailles : maintenir, pendant un an, à 100% le salaire des licenciés économiques, pour leur permettre de se former. Aujourd'hui, seuls 3 500 salariés bénéficient de ce dispositif. Les soucis de Boeing. L'avionneur américain repousse pour la 6ème fois le premier vol d'essai de son avion "vedette", le 787 Dreamliner. Boeing parle de "problèmes de structure". Le programme accuse déjà près de 2 ans de retard.

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