C'est l'agence Standard & Poor's qui a tiré la première salve. C'était dans la nuit de jeudi à vendredi derniers, avec la publication de son étude sur l'état des banques françaises. L'agence y confirme les notes des grands établissements du pays ("A+" pour la BNP, et "A" pour BPCE, la Société générale et le Crédit Agricole). Elle salue leurs efforts "très significatifs" pour renforcer leurs fonds propres mais Standard & Poor's (et c'est ce qui nous intéresse) pointe ce que l'agence qualifie de "sujet pénalisant" pour les banques françaises: le succès du Livret A! Une vraie particularité française, une de plus, que l'agence ne semble pas comprendre. Le Livret ne connaît pas la crise, et pour cause, "il s'en nourrit" affirme-t-elle. Dans un contexte durable de taux d'intérêt bas, et d'une croissance nulle, ou quasi-nulle, le Livret A capte une part de plus en plus importante des dépôts des ménages, et les draine "vers des missions d'intérêt général -quelle horreur!-, au détriment de l'activité commerciale des banques", écrit Standard & Poor's. Qui le regrette, évidemment. Et s'en inquiète même. Le Livret A, on le sait, est un produit qui rassure, en période de crise: il est garanti (on ne peut pas perdre son capital), il est liquide (on peut retirer son argent à tout moment) et il est "sans impôt". Autant de qualités recherchées aujourd'hui. Du coup, le phénomène "Livret A" s'accèlère, depuis le début de cette année: "à 2" (avec le LDD, autre produit d'épargne réglementé), ils ont capté, depuis le 1er janvier, un peu plus de 21 milliards d'euros. L'année dernière, sur la même période, c'était 12 milliards seulement. "On nous siphonne" affirment les banquiers français qui ne cessent d'alerter les autorités et qui ont trouvé, sans surprise, un soutien, vendredi, en la personne du gouverneur de la Banque de France. Christian Noyer a annoncé la baisse probable du taux de rémunération des Livrets, au 1er août, prochain. "C'est mécanique" dit-il: l'inflation se réduit, le taux du Livret A doit forcément diminuer. Mais, pour les banques, et le gouverneur, l'opération devra aussi favoriser un début de rééquilibrage des flux d'épargne. En appliquant strictement la formule mathématique, on pourrait, du coup, tomber à un taux du Livret A, à 1,25%. "Comme sous sarkozy", persifle un expert... pais politiquement, c'est intenable. Donc, pour ne pas trop choquer les petits épargnant, le gouvernement devrait logiquement trancher pour un taux à 1,5%.

Soins. L'économie britannique est "sortie des soins intensifs". C'est l'expression utilisée, hier soir, par le ministre britannique des Finances. Georges Osborne voit dans les derniers indicateurs publiés chez lui, les signes d'une amélioration de la situation au Royaume-Uni. La production industrielle repart, comme la consommation. "Attention au rique de rechute" affirme, cela dit, George Osborne qui maintient les mesures d'économies prévues (et qu'il doit détailler cette semaine): l'équivalent de plus de 13 milliards d'euros de coupes supplémentaires dans les dépenses publiques britanniques.TVA. En Italie, pour éviter une crise politique, le gouvernement d'Enrico Letta a décider de reporter la hausse de TVA qui devait être appliquée à partir de 1er juillet (lundi prochain): le passage de 21 à 22% du taux "normal". Elle pourrait être, carrément, abondonnée.

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