Dimanche soir, dans le 20h de TF1, c'est Bernard Arnault qui a mis les pieds dans le plat. Venu parler de l'ouverture prochaine de la Fondation LVMH, le patron du géant du luxe est, finalement, interrogé sur Alstom. "Je ne connais pas le dossier, difficile d'en parler" répond-il. "En plus, il concerne votre actionnaire, je ne voudrais pas créer de conflits" lâche finalement Bernard Arnault à une Claire Chazal, à la recherche, subitement, de rames. Quelques instants auparavant, elle avait lancé le sujet comme si de rien était: "un accord a été longuement négocié entre l'Etat et Bouygues pour le rachat de 20% d'Alstom détenus par le groupe de BTP", avait-elle dit, avant de poursuivre "l'entrée au capital de la puissance publique suscite un certain nombre de questions". A la bourse hier, c'est vrai, ces questions ont pesé sur le cours des entreprises concernées par cette opération. A New York, General Electric a perdu quelques plumes. A Paris, Alstom a signé la plus belle chute du CAC 40, -4%. Bouygues, "le groupe de BTP", a reculé de 2%. Mais les entreprises, dont l'Etat est actionnaire (Safran, Airbus, EDF) ont, elles aussi, subi le contrecoup de l'affaire: spéculations autour d'éventuelles cessions de titres à venir puisque, désormais, on est prévenu, l'Etat ne gèrera plus son portefeuille de participations "en bon père de famille". Dimanche soir, plusieurs proches des négociations, notaient ce que tout le monde a vite compris: l'entrée de l'Etat dans le capital d'Alstom n'a rien à voir avec des questions économiques, financières ou industrielles. "Le rachat de 20% du capital est la manière trouvée pour régler le problème politique créé par l'affaire" résume l'un d'entre eux. Un autre poursuit: "c'est une façon de rassurer l'opinion, et les salariés du groupe. Et après tout, ce n'est pas de l'argent perdu". Autour de Bouygues, beaucoup d'interrogation subsistent. D'abord financières: combien, exactement, le groupe va-t-il retirer de toute cette opération, y compris le "super-dividende" attendu. Et puis, les investisseurs se demandent si, dans cette histoire, il n'y a pas une partie "cachée" dans le deal passé avec l'Etat, à qui Bouygues cède des droits de vote, et 2 postes d'administrateurs. Une aide pour sa filiale télécoms, en difficulté? La garantie du passage en gratuit de LCI, sa chaîne tout info? Des "retours d'ascenseur", espérés par certains analystes. "C'est totalement idiot" tranchait, dès dimanche soir, un dirigeant de Bouygues.

Podium mobile. Pour la première fois, est publié un classement des opérateurs mobiles français! Un classement "officiel" peut-on dire, parce que réalisé par le "gendarme des télécoms". L'Arcep mesure chaque année la qualité des réseaux, mais cette année, et pour la première fois donc, elle a décidé de publier un palmarès des opérateurs. Orange arrive largement en tête: sur les 258 critères retenus (comme le débit, la 4G, la qualité des vidéos,), Orange est 213 fois au-dessus de la moyenne. Surprise, c'est Bouygues Telecom qui prend la 2ème place. SFR, 3ème, parle de travaux de rénovation sur son réseau au moment de l'enquête, pour expliquer sa contreperformance. Bon dernier, Free mobile. Seulement 2 fois au-dessus de la moyenne sur les 258 critères. Ca pose une question, parce Free utilise, en itinérance, le réseau d'Orange. Aurait-il, du coup, un accès bridé, ou dégradé, à ce réseau?Conséquences irakiennes. La situation en Irak fait grimper le prix des carburants à la pompe. Gazole, essence: des hausses de 1 à 2 centimes le litre, en une semaine.

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