Il y a trois mois, on annonçait sa mort, mais c'était une erreur : c'était en fait un Monsieur Martin qui était mort. Il y a un an, aussi, on le disait mort, foutu, marginalisé, condamné à sortir du secteur des télécoms, après l'échec de sa tentative de rachat de SFR . Dimanche dernier, c'est mort de rire, cette fois-ci, que le Journal Du Dimanche le décrivait : sa filiale Bouygues Telecom en difficulté, il a allait la vendre, et en tirer dix, voire onze milliards d'euros. Une somme inespérée, un "coup de maître", la victoire du "bon sens paysan". Hier, Martin Bouygues a déjoué bon nombre de pronostics, et prouvé qu'il est bien vivant. Lui et son conseil d'administration, "à l'unanimité", ont refusé l'offre faramineuse de Patrick Drahi. Pas un "non qui veut dire ou i", comme disent les drageurs un peu lourds, un "non " qui jouerait la surrenchère (12, 13... 15 milliards) mais un non "catégorique ", développé en trois points dans le communiqué, publié hier soir. D'abord, Bouygues trouve que l'opération comporte trop de risques. Risque d'être retoquée par l'Autorité de la concurrence, risques financiers également : un rachat, entièrement réalisé par endettement. Bouygues, hier soir, a fait aussi savoir qu'il s'inquiétait des conséquences sociales de la fusion qui lui était proposée avec Numéricable-SFR , des conséquences encore en matière d'investissements dans le secteur et pour l'appel d'offre à venir pour les nouvelles fréquences 4G. Un paragraphe qu'on dirait dicté par Emmanuel Macron, lui-même (en tout cas, qui doit satisfaire le ministre de l'Économie). Bouygues, surtout, hier soir, a fait savoir, pour expliquer son refus de vendre, que les télécoms, il y croit encore ! Le marché "est à l'aube d'une nouvelle ère de croissance ". Qui sera "portée par le développement exponentiel des usages numériques ". Bouygues promet un retour rapide de confortables marges, alors qu'aujourd'hui sa filiale perd de l'argent. Un observateur traduit: "Bouygues pense, tout simplement, que sa filiale Telecom vaudra, beaucoup plus, dans deux ans! C'est pour ça que l'offre de Drahi, il n'a jamais eu l'intention de l'accepter ", poursuit-il. "Et l'ego a fait le reste : il a été agacé par tous ceux qui disaient qu'une telle offre ne se refuse pas, et horrifié par l'idée de voir son bébé, Bouygues Telecom , être dépecé (puisque tel était bien le projet) par ses concurrents ".

Coucou, c'est moi! La rapporteure générale du Budget a fait "une descente", hier, à Bercy. Et la députée socialiste l'a fait savoir par un tweet, hier matin, en quittant le ministère: "fin de ma viste surprise", écrivait-elle. C'est prévu par la Loi : les Rapporteurs aux Budgets du Parlement disposent d'un "Droit de contrôle": ils peuvent se rendre en personne, à Bercy, s'ils n'ont pas obtenu "sans un délai réaisonnable", les informations qu'ils réclament. L'année dernière, à la même époque, Valérie Rabault en avait, déjà, usé. Pour sa visite d'hier, elle explique être allée chercher des données précises sur les impôts: leur répartition par revenus, et tout impôt confondu: impôt sur le revenu, taxes foncières et d'habitation et CSG.

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