A Bercy, le cabinet du ministre de l'Industrie confirme volontiers. On se demande même, en raccrochant, si ce n'est pas lui, en fait, qui a lancé et fait circuler l'information depuis quelques jours: "oui, expliquent l'entourage d'Eric Besson, nous sommes bien en train, alors non pas de "négocier", mais de discuter avec Carlos Ghosn au sujet de la succession de Patrick Pélata, le n°2 de Renault". Patrick Pélata, c'est lui qui a servi de fusible dans la fausse affaire d'espionnage qui a secoué l'entreprise. Vous l'avez peut-être oublié: c'était avant les révolutions arabes, avant Fukushima, avant Ben Laden, et avant DSK: c'était LA grande affaire de début de l'année. Et c'est Patrick Pélata, donc, qui en a fait les frais: sans être virer totalement du groupe Renault-Nissan, il a dû quitter son poste de Directeur général délégué du constructeur français. Poussé vers la sortie par le gouvernement, qui possède 15% de Renault, et qui, maintenant surveille de très près, le processus de sa succession. Un nom à ce stade émerge: c'est celui de Carlos Tavares. Aujourd'hui, il s'occupe de Nissan, aux Amériques (du Nord et du Sud), et l'autre Carlos (Ghosn), l'a choisi pour venir s'occuper, à Boulogne-Billancourt de Renault. Carlos Tavares a déjà été reçu, 2 fois à Bercy... une fois au cabinet d'Eric Besson, une autre au cabinet Lagarde: ça ressemble à une série d'entretiens d'embauche, qui se passerait plutôt bien... sauf que, pour le gouvernement, la question n'est pas qu'une question de personne. Dans cette histoire, Bercy veut aussi que Carlos Ghosn, à l'occasion du choix de son numéro 2, précise sa stratégie industrielle: quelle présence de Renault en France? Quelle présence de Renault, ailleurs dans le monde, alors que Nissan (par exemple, en Chine) semble parfois privilégié? Et -conséquence- quelle gouvernance d'entreprise? Clairement, le gouvernement aimerait que Ghosn soit plus présent en France, qu'il ne l'est aujourd'hui. Il lui demande aussi d'accorder pluss de pouvoir à son n°2. Par exemple, qu'il devienne mandataire social de Renault, ce que n'était pas Patrick Pélata. Le gouvernement, dit autrement, aimerait bien que le futur n°2 de Renault puisse apparaître comme un possible successeur de Carlos Ghosn. La fausse affaire d'espionnage a affaibli le grand patron. Bercy, du coup, tente de pousser son avantage, au maximum. Déprime, hier, à la bourse. L'euro est passé sous le seuil de 1 dollar 40: son point le plus bas depuis 2 mois. Le CAC 40, à Paris, a terminé en nette baisse (-2%), comme la plupart des autres places boursières. Pour les investisseurs, les raisons de déprimer ne manquaient pas, apparemment hier: publication de mauvais indicateurs en Europe, inquiètude pour la croissance chinoise, pour l'activité aérienne en raison du nuage islandais. Et puis surtout, la crise de la dette, dans la zone euro pèse toujours: avec la Grèce, bien-sûr. Avec la situation politique en Espagne. En Italie, aussi... L'Italie placée "sous surveillance négative" (c'est comme ça qu'on dit) par une agence de notation. Tout comme la Belgique. Le Livret A, lui, est en pleine forme. Comme en janvier, en février et en mars, la collecte d'avril a été bonne: plus d'un milliard 8 millions d'euros. L'encours actuel du Livret A dépasse les 204 milliards d'euros: c'est un record historique.

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