C'est assez rare une invitation, lancée à la presse, en ces termes : "Le directeur général adjoint de Orange, en France (il s'appelle Louis-Pierre Wenes) organise, cet après-midi, une conférence de presse pour "réaffirmer un certain nombre de réalités"." C'est écrit comme ça sur le mail d'invitation. Renseignement pris, le service de presse d'Orange confirme que son patron est un peu "agacé" en ce moment. Il a très envie de "remettre les pendules à l'heure" après toute une série d'attaques de la part de ses concurrents. En se penchant sur le dossier, on s'aperçoit vite de l'ambiance "exécrable" qui règne dans le secteur des télécoms aujourd'hui. Un secteur où fusent les noms d'oiseaux à longueur d'interview. Où les plaintes pleuvent. Au Tribunal (pour diffamation, dénigrement), au Conseil de la Concurrence ou bien à la Commission européenne (pour dénoncer la position dominante de l'un, et la concurrence déloyale de l'autre). Deux filiales de Vivendi s'en donnent à coeur-joie. Canal+ parce qu'Orange est devenu son concurrent dans la télé payante (action en justice). SFR, dans la téléphonie (re-plainte déposée). Au "Financial Times", la semaine dernière, Jean-Bernand Levy, patron de Vivendi, dénonce la position dominante "malsaine" d'Orange, avant d'affirmer que le marché du téléphone fixe ne fonctionne pas correctement en France ! Mais à ce jeu, ce sont les dirigeants de Free qui vont le plus loin. "France télécom veut éliminer ses concurrents" a dit l'un. "Orange est un délinquant multi-récidiviste" dit un autre (du coup, dépôt de plainte). Free ironise aussi : Orange a purement et simplement copié la FreeBox, avec 2 ans de retard. "La dernière innovation de France Telecom, c'est... le minitel !" L'opérateur attaqué veut donc répondre, aujourd'hui, point par point, va rappeler, notamment, le nombre de ses chercheurs employés, le nombre de ses brevets déposés chaque année. Il aura du mal, cela dit, à passer pour une victime. Même si, clairement, "taper" sur l'ancien opérateur historique est devenu un sport national chez ses concurrents. Un parachute qui tombe bien mal. En pleine polémique sur le salaire des patrons, et alors que Nicolas Sarkozy doit prendre la parole, ce soir, pour évoquer, notamment, cette question, l'affaire tombe au plus mauvais moment. Selon "Libération", Thierry Morin, le patron de Valéo -dont le départ de la tête de l'entreprise a été annoncé hier- part avec un chèque d'indemnités de 3,2 millions d'euros. L'entreprise a perdu de l'argent d'année dernière (207 millions d'euros) et va supprimer 1600 emplois. Valéo a également reçu le soutien de l'Etat (19 millions), via le Fonds stratégique d'Investissement. AIG, suite. Aux Etats-Unis, certains cadres d'AIG, sous la pression de la justice, ont rendu, ou vont rendre, leurs primes tant décriées, pour un total, à ce stade, de 50 millions de dollars. La bourse a aimé. Le plan Geithner pour assainir les banques américaines : la bourse a apprécié, cette fois-ci. A Wall Street, Dow Jones et Nasdaq ont bondi de plus de 6%, hier soir. Paris : +2,81%. Tokyo, ce matin, une hausse de plus de 3%.

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