C'est une élection, qui se joue cette semaine, mais pour celle-là, pas de vote-sanction en vue. Dans 2 jours, le Conseil d'administration d'Orange doit se réunir, et décider s'il propose, ou pas, le renouvellement du mandat de Stéphane Richard à la tête de l'entreprise (dont l'Etat détient encore 27% du capital). Il y a quelques jours, Pierre Moscovici promettait une "nouvelle approche" dans ce genre de situation, annonçant l'instauration, disait-il, d'une "certaine dose de concurrence et d'émulation". "Il est sain, expliquait le ministre de l'Economie, qu'il n'y ait pas qu'un seul nom sur la table au moment d'un renouvellement". Mais voilà, pour Orange, semble-t-il, ce ne sera pas le cas! Stéphane Richard, PDG en place, fait cavalier seul, et sauf surprise (bien improbable), il devrait être, donc, reconduit. "Le dossier de sa succession n'a pas été ouvert au sein du Conseil d'administration" assurait, récemment "un parfait connaisseur de la situation" cité par le magazine Challenges. Dans les Echos ce matin, Stéphane Richard d'ailleurs, dans une longue interview, défend sa candidature: "je crois être utile à l'entreprise et ma motivation est plus grande que jamais". C'est lui qui aborde d'entrée l'affaire Tapie: "c'est vrai qu'elle est un aléa dont je me serais bien passé", dit-il. Aléas? En tant qu'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, il est quand même poursuivi pour "escroquerie en bande organisée". "Je conteste en bloc ma mise en examen" rappelle-t-il ce matin, avant de déployer les arguments entendus au sortir de cette garde à vue, qui l'a tant secoué, en juin de l'année dernière: "cette affaire n'a rien à voir avec Orange, et ne me gène pas dans l'exercice de mes fonctions". Stéphane Richard rappelle que le Conseil d'administration a mis en place une sorte de veille pour vérifier que c'est effectivement le cas. Stéphane Richard, sûr du résultat, avance aussi cet autre argument "il ne faut pas déstabiliser Orange en plein maelström du secteur des telecoms". Il pense, évidemment, à l'arrivée de Free, qui a ruiné le cours de bourse d'Orange, et la vente, en ce moment, de SFR. Ces derniers mois, il l'a clairement travaillé, cet argument, auprès de ses actionnaires, et donc de l'Etat mais aussi auprès des syndicats. Convaincus: aucun n'a levé la voix pour réclamer son départ, et même la révélation récente d'une possible recrudescence des suicides chez l'ex-France-Telecom, n'a pas donné lieu à une agitation syndicale trop appuyée, preuve qu'il était urgent de ne pas destabiliser le patron. Un concurrent tacle: "depuis 6 mois, la reconduction de Stéphane Richard est bien la seule chose qui a gouverné Orange".

Là. La soirée électorale d'hier, à Paris, a été (un peu) perturbée par quelques intermittents et chômeurs. Vous l'avez peut-être vu à la télé: la déclaration de Nathalie Kosciusco-Morizet a été interrompue quelques instants en raison de l'intervention intempestive d'une manifestante. Au qg d'Anne Hidalgo, l'équipe de sécurité de la candidate a dû envoyer du gaz poivré pour disperser une petite vingtaine de manifestants. Les intermittents du spectacle et le Mouvement National des Chômeurs et Précaires protestent contre la signature, samedi, des nouvelles règles d'indemnisation de l'Assurance-chômage. 800 millions d'euros d'économies à la clé. Ils demandent à l'Etat de ne pas agréer cet Accord, signé par le patronat et 3 syndicats.

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