La lettre a été envoyée, en fin de semaine dernière, aux parlemantaires. Un mail, non pas à l'en-tête du Medef, mais avec un logo, créé pour l'occasion "Libérons l'entreprise!" (avec un gros point d'exclamation). Pierre Gattaz explique les raisons de la mobilisation des patrons, la semaine prochaine, partout en France. Je résume: la France a des atouts. Elle peut rebondir. Les patrons ne demandent que ça. Mais ils sont bridés par la réglementation et les charges". Rien de bien nouveau, sauf cette précaution: "pour le Medef, écrit-il, cette mobilisation sera "patriotique, républicaine, apolitique et pédagogique". Au sein de l'organisation, on explique, sans se faire prier, la démarche. Le Medef, en fait, s'inquiète de l'opération de la semaine prochaine. Plus précisément, des manifestations de rue prévues. Des patrons qui manifestent, c'est une image inédite: 2 cortèges sont annoncés, à Paris et Toulouse. Mais ce n'est pas le Medef qui en est à l'origine, c'est l'autre organisation patronale, la CGPME, et clairement, dans l'entourage de Pierre Gattaz, on ne soutient pas l'initiative. Il y a les risques de violences, d'abord. Sur certains sites web d'extrême gauche, il y aurait des appels à venir "casser du patron". "Pourvu que ça ne dégénère pas", dit un responsable du Medef. Ensuite, et plus fondamentalement, il y a l'image que de tels rassemblements va renvoyer: "on va opposer la souffrance des patrons, à celle des salariés, des chômeurs ou des fonctionnaires, ce n'est pas une bonne idée". Et puis les slogans lancés, les déclarations des "patrons-manifestants" que les médias ne manqueront pas d'interroger, risquent de sentir bon le poujadisme. "Les patrons ne font pas la différence sur la responsabilité de la Droite et de Gauche, pour expliquer la situation actuelle, ça va renvoyer l'image d'une manif pro-Le Pen". Au Medef, on affirme que si l'organisation a accepté l'idée d'une semaine de mobilisation pour calmer une base "exaspérée", il n'a jamais été question d'aller dans la rue. Seuls des meetings sont prévus et soutenus par l'organisation, qui préfère -elle le redit- la pédagogie à la revendication. Toute la semaine dernière d'ailleurs, dans le hall du Medef, les patrons de passage à Paris, étaient ainsi invités à laisser un témoignage vidéo, destiné à un site internet spécial. De l'aveu des 2 jeunes chargés d'enregistrer ces séquences, certains chefs d'entreprises se lâchent, se lâchent vraiment. Y compris contre le gouvernement. Tellement d'ailleurs, que certains ont rappeler pour réclamer d'effacer leur prestation.

Quelle croissance? On commence avec un pays européen qui n'arrive pas à réduire son déficit budgétaire. Surprise, c'est la Grande-Bretagne! "Les Echos" souligne, ce matin, ce paradoxe. L'économie britannique, qui n'est pas en zone euro, est en plein boom: 3% de croissance, la plus forte des pays riches. Mais le gouvernement de David Cameron n'arrive pas à redresser les comptes du pays. Le déficit public pourrait dépasser, à la fin de l'année, les 5%, soit plus que la France! Impôt sur le revenu, cotisations sociales, les recettes ne rentrent pas, outre-Manche. La faute aux salaires tirés vers le bas, et aux emplois précaires.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.