L'OPEP se réunit aujourd'hui, à Vienne en Autriche. Il s'agit d'une réunion, convoquée en urgence, par les pays producteurs de pétrole. L'urgence, c'est la dégringolade des cours du brut : 147 dollars/le baril, en juillet. 65 dollars aujourd'hui. Pour nous -consommateurs de pétrole- c'est évidemment une bonne nouvelle : on paie notre essence moins chère. Pour les producteurs "shootés au pétrole", c'est en revanche, une "descente" difficile à vivre : ils envisagent, donc, de réduire leur production pour soutenir les prix. "C'est absolument scandaleux" affirme le Britannique Gordon Brown, qui se place du côté des "bons" contre les "méchants" producteurs, qui en demandent toujours plus. En fait, ce qui apparaît c'est que l'OPEP a peu de marges de manoeuvres dans cette affaire. Son souci n'est pas de maintenir les prix au niveau où ils sont revenus aujourd'hui, mais d'éviter un effondrement total des cours du brut. En juillet, les analystes parlaient d'un baril, bientôt à 200 dollars. Aujourd'hui, ils évoquent (avec la même certitude, je vous rassure...) un baril potentiellement à 50 dollars. C'est possible rééllement, parce que sur ce marché, il existe une sorte d'effet "cliquet": quand on descend à un certain seuil (à un certain niveau de prix), on suscite presque mécaniquement la vente de nouveaux contrats. Bref, la baisse alimente la baisse, d'autant plus que la récession implique un ralentissement de la demande mondiale. Les "méchants" de l'OPEP ont, donc, peu de chances d'enrayer la baisse des cours du brut. Le Cartel doit, d'ailleurs, se souvenir qu'en 98 déjà, il avait tenté la même opération, en pleine crise asiatique. Ce fut un échec cuisant : le prix du baril avait dévissé. Seule différence, la fourchette de prix se situait alors entre 20 et 10 dollars. La préhistoire, autrement dit. Encore des milliards d'euros pour surmonter la crise. C'est Nicolas Sarkozy qui a, une nouvelle fois hier, sorti le carnet de chèques. Le Président a annoncé la suspension jusqu'à la fin 2009 du paiement de la Taxe Professionnelle sur les nouveaux investissements, effectués par les entreprises (c'est l'une de leurs vieilles revendications). Il en coûtera 1 milliard d'euros directement pris dans le budget de l'Etat - tout comme les 175 autres milliards d'investissements, promis sur 3 ans. Reste le Fonds d'investissement... sorte de Fonds souverain "à la française". Il sera "offensif", en investissant dans des sociétés aux technologies prometteuses, ou "défensif", en protégeant des entreprises "stratégiques", menacées de rachat par des étrangers. Aucune somme n'est avancée, mais ça se chiffrera, sans doute, en centaines de milliards d'euros. Le tout financé par l'emprunt. La Camif en cessation de paiement. La maison-mère et une filiale ont déposé leur bilan, hier. Un millier d'emplois, au total, est menacé. Bourse : le yo-yo, toujours. Wall Street, et Paris se sont tenus hier. En Asie, ce matin en revanche, ça va mal. Tokyo est dans le rouge. Tout comme Hong Kong, Singapour, Séoul. C'est l'inquiétude pour les pays émergents qui domine.

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