"That's life"... "c'est la vie": c'est ainsi que, la semaine dernière, Frédéric Oudéa, le patron de la Société Générale, qui préside, également en ce moment, la Fédération Bancaire Française, c'est ainsi qu'il commentait ce qui sera, sans doute, l'une des mesures fortes du Sommet de mercredi: l'effacement de 50, peut-être 60% de la dette grecque. "C'est la vie, that's life": depuis plusieurs semaines les banques françaises se préparent à l'idée, puisque ce sont elles, avec les compagnies d'assurance, et des Fonds d'investissements, qui vont devoir assumer ces pertes. Les banques françaises l'assurent: elles sont assez solides pour supporter un tel choc. Dans une publicité d'ailleurs (une pleine page quotidienne, dans les grands journaux français, depuis presque une semaine), les banques françaises expliquent que les milliards investis en Grèce, ou en titres grecs, ne pèsent rien dans leurs comptes: 0,12%. 1 trimestre seulement de leurs bénéfices.Les banques françaises sont, donc, prêtes à effacer une grande partie de la dette grecque -c'est le point de départ de l'Accord global qui se dessine-, mais elles posent 2 conditions. Qu'acceptent, cela dit, bien volontiers, les dirigeants européens. D'abord, la démarche, même si elle est forcée, doit rester "volontaire". Ce n'est pas qu'une question d'honneur (le besoin de ne pas perdre la face ou quelque chose comme ça), l'effacement "volontaire" de la dette grecque, c'est la condition pour le pays ne soit pas considéré comme "en faillite", ce qui aurait pour conséquence de déclencher toutes les assurances souscrites sur les titres grecs, les CDS: ça couterait cher, et surtout ça enrichirait tout ceux qui ont spéculé sur la faillite du pays.Deuxième condition: que la Grèce ne soit qu'un cas isolé, une exception. Il faut, donc, d'autres mesures pour rassurer les marchés. Comme le renforcement du Fonds de secours européen, ou le renforcement de l'intégration économique de la zone euro. En revanche, les banques françaises le répètent: elles n'ont pas besoin d'être recapitalisées. Elles s'en sortiront, jurent-elles, sans faire appel au marché. Et sans faire appel à l'Etat et aux contribuables.

Bruxelles toujours. Il n'y a pas eu de décisions, ce week-end mais, en revanche, de belles "passe d'armes" entre dirigeants européens! C'est un peu parti dans tous les sens: il y a d'abord eu Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, qui ont "recadré" Silvio Berlusconi. Le Président du Conseil italien s'est vu reproché de ne pas en faire assez pour redresser les comptes de son pays. Sous pression, il pourrait, dès aujourd'hui à Rome, annoncer des mesures pour réformer les retraites intaliennes.Autre "facherie" hier à Bruxelles: les critiques des pays européens qui ne font pas partie de la zone euro. Ils s'inquiètent de voir l'eurogroupe prendre des décisions sans eux. Le Britannique David Cameron a été le plus virulent, semble-t-il, exigeant un Sommet à 27 mercredi: ce qu'il a obtenu. Selon la presse britannique, il aurait eu, en réunion, une vive altercation avec Nicolas Sarkozy.Dans cette ambiance, les discussions progressent, quand même: sur le Fonds de secours européen, sur la dette grecque. Et sur la recapitalisation des banques.

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