Par Marion L'Hour.

Tout a pourtant commencé dans le consensus. Le vote instaurant l'écotaxe en 2009 se fait à l'unanimité du Parlement, eh oui ! On le voit avec les portiques démantelés et la colère ces derniers jours, l'ambiance a bien changé. Et le gouvernement se retrouve dans un cul-de-sac. D'abord il y a les ratés techniques. L'écotaxe est payée par les transporteurs, 8 à 15 centimes par kilomètre de route secondaire empruntée. Ils la refacturent à leurs clients... ceux qui leur confient leur chargement. La mise en œuvre de la taxe est confiée à un organisme privé, Ecomouv. Choix à l'époque du ministre de l'écologie, Jean Louis Borloo, un choix très contesté par les acteurs du dossier. L'organisme prend du retard. L'Etat met aussi du temps à publier les décrets. Bref, l'écotaxe est plusieurs fois retardée. Pas assez de poids lourds enregistrés. Aujourd'hui ils sont un sur huit à s'être mis en règle. Il en faudrait quatre fois plus d'ici janvier.

Pourtant, promis, dit le Gouvernement, pas de report. Le premier, on sera prêt. D'autres acteurs du dossier n'y croient pas du tout. Et puis en plein ras-le-bol fiscal, les agriculteurs, entre autres, se mobilisent. Et même les consommateurs s'inquiètent de possibles hausses des prix, dues à l'écotaxe. Le gouvernement l'estime pourtant inférieure à 0,5%.

Mais donc, la grogne monte. Alors que faire ? Eh bien, c'est très délicat.

Première option : abandonner l'écotaxe ? Impossible, ça coûterait très cher à l'Etat, 1 milliard perdu par an. Plus des pénalités pour rupture du contrat avec Ecomouv, soit un milliard supplémentaire.

Et l'argent manquerait vraiment car il sert à financer les routes, et les trains du quotidien.

Autre option : pourquoi pas faire des dérogations spéciales pour la Bretagne, la plus remontée contre le projet ? Eh bien, elles existent déjà. La région est jugée périphérique. Elle a droit à 50% de réduction. Et certaines routes sont exonérées. Faire plus poserait la question de l'égalité devant l'impôt. Le Conseil constitutionnel pourrait censurer.

D'ailleurs des protestations s’élèvent déjà en Lorraine ou dans le Nord, d'autres régions, un peu jalouses de ce traitement particulier pour les Bretons. Alors, nous disent plusieurs acteurs du dossier, le gouvernement examine encore d'autres solutions. Exonérer par exemple toute la filière agricole. Ou élargir les exceptions…

Elles concernent déjà les citernes de lait, les forains… pourquoi pas bientôt les bétaillères. Le risque : reconnu par le gouvernement.

A ce train là, chacun risque de réclamer SON exception.

« Pas très efficace ». La loi Duflot sur le logement, à nouveau mise en cause et pas par n'importe qui. Selon Les Echos , les critiques viennent d'experts rattachés au Premier ministre. Le conseil d'analyse économique juge "pas très efficace" le système d'encadrement des loyers, et préconise de le tester d'abord dans des zones pilotes. Les experts suggèrent aussi de remplacer la garantie universelle... par des commissions de conciliations.

Détournement. On va vers la fin de, ce que certains appellent, le détournement de l'argent ...destiné aux personnes âgées dépendantes. C'est un amendement au budget de la sécurité sociale, adopté cette nuit.

Aujourd'hui la taxe sur les pensions retraites, censée financer la dépendance sert en fait à payer les cotisations retraites des chômeurs et le minimum vieillesse. Une partie de cet argent, 130 millions, vient donc de revenir dans le droit chemin.

Evasion. Créer un délit spécifique d'incitation à la fraude fiscale. Pour les intermédiaires : banques et avocats fiscalistes. Selon nos informations des sénateurs les préconisent. Ils remettent ce matin un rapport sur l'évasion fiscale.

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