Pierre Blayau, le patron de la branche "transport et logistique" de la SNCF a piqué une petite colère, hier, en pleine conférence de presse. Petite colère un peu surjouée mais vrai agassement. C'était à propos des conséquences du "Plan fret" qu'il venait de détailler. L'épisode est à classer au rayon "plus Grenelle de l'environnement que moi, tu meurs!". Alors, il faut donner quelques éléments de contexte. La SNCF lançait, hier, officiellement son nouveau Plan pour sauver sa branche "fret". Elle est, depuis de nombreuses années, une source de pertes financières "énomes": 2 millions d'euros perdus par jour, à la SNCF! Depuis une bonne dizaine d'années, les plans de sauvetage succèdent aux mesures de redressement mais cette fois-ci, on nous le jure "ce Plan, c'est le bon!". Aux 7 milliards d'euros d'investissements promis, la semaine dernière par l'Etat, la SNCF rajoute 1 milliard. Elle va créer des TGV fret, développer son offre d'autoroutes ferroviaires (les camions sur les trains) ou de transport combiné (les conteneurs directement sur les trains"'. Objectif affiché: réduire le trafic des camions sur les routes et supprimer des avions dans le ciel. C'est l'application idéale et, point par point, du Grenelle de l'Environnement. C'est là que le patron de la branche "fret" de la SNCF s'énerve. Quand on lui rappelle que l'Association des utilisateurs de transport de fret ne fait pas le même calcul que lui. La mise en place de ce Plan, qui passe aussi par la suppression de ce qu'on appelle le "wagon isolé" (un service adapté aux PME) va, dès l'année prochaine, selon cette Association, obliger les petites entreprises a se reporter sur les camions. Faute d'autre solution. Et de prédire, du coup, 800 000, voire 1 million de camions supplémentaires sur les routes de France! C'est donc tout l'inverse de l'effet recherché, et c'est le Grenelle de l'Environnement qui en prend un coup. "Pure mensonge", "conservatisme", "manipulation de l'opinion": Pierre Blayau, hier, a répondu plutôt vivement à cette attaque. Des propos qui ont détonné avec le discours toujours très soigné, travaillé, de Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, qui s'était exprimé juste avant. Les utilisateurs de fret maintiennent leurs chiffres en tout cas. Et renvoient la SNCF à ses propres contradictons et à ses blocages (syndicaux). L'année prochaine, il va falloir compter les camions depuis le bord des routes, pour savoir qui a raison... Début du G20, ce soir, à Pittsburgh! Après Washington, après Londres, on prend les mêmes et on recommence. Les même convives d'abord: les pays "riches" du G7 et 12 pays émergents (le 20ème invité, c'est l'Union européenne). Les mêmes thèmes de discussion, ensuite: la croissance mondiale, la réforme des institutions internationales, l'énergie, le climat, et surtout la régulation financière. Hier soir, depuis New York, Nicolas Sarkozy a rappelé que, pour lui, la question des bonus des traders, dans les banques, reste une question centrale: "on se bagarre sur ce point" affirme-t-il. On sait aussi que les mesures pour limiter les activités spéculatives des banques sont aprêment discuté entre Européens et Américains. Petite phrase encore, hier soir, de Nicolas Sarkozy (qui suscite beaucoup de commentaires sceptiques: "les paradis fiscaux, le secret bancaire, c'est terminé".

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