Ils appliquent quasiment les mêmes méthodes de comptage. Ils utilisent le même petit "compteur à main", qu'on appelle le "clic-clic". La version plastique coûte 30 euros. En métal, c'est 60. Il s'installent, presque aux mêmes endroits, devant les cortèges. Tous le jurent, "ils ne bidonnent pas leurs estimations". Ils ajoutent que personne ne corrige leurs résultats. Et pourtant, voilà: une fois de plus, policiers et syndicats divergent, très fortement, sur le nombre de manifestants, hier, en France. A Paris, le responsable de la Direction du renseignement de la Préfecture de Police l'affirme: "notre méthode est, certes, artisanale, mais elle est objective". Même discours, chez les "compteurs" syndicaux, qui admettent, cela dit, s'y prendre un tout petit peu différemment que les policiers. Le principe de base est le même. Une fois, le "clic-clic" en main, on évalue le nombre de manifestants par rangée. On clique, ensuite, à chaque rangée qui passe. Et on multiplie. Les policiers affirment compter du début jusqu'à la fin des cortèges et quand ils le peuvent (ce n'est pas toujours le cas) ils s'appuient, en plus, sur des images vidéos. Côté syndicats, on affirme compter sur des périodes plus courtes, pour effectuer des projections, mais en vérifiant que la densité du cortège est constante. Il est ensuite tenu compte de la longueur de la manifestation pour le chiffrage final. Ce qui fait dire, à la CGT, qu'avec un cortège parisien, hier, qui a mis plus de 5 heures pour aller de Bastille à Denfert-Rocherau, la Préfecture ment en ne comptant que 65 mille manifestants! Impossible de trancher face à tant de sincérité, de part et d'autre. On doit se contenter d'ironiser sur les chiffrages définitifs, qui collent, au final, si bien avec les objectifs des uns et des autres. 3 millions de manifestants en France, selon les syndicats? Estimation idéale, puisqu'elle correspond au "pic" des mobilisations contre le CPE. La référence, le clin d'oeil, l'avertissement est "on-ne-peut-plus-clair"! Côté gouvernement: pareil. 997 mille manifestants dans toute la France, c'est -pile poil- en dessous du million! Ce qui permet de parler d'échec et d'un mouvement "qui s'essoufle". En 2006, le ministre de l'Intérieur de l'époque (c'était Nicolas Sarkozy) avait promis de mettre fin à ces éternelles querelles. Il avait annoncé la mise en place d'une Commission, réunissant des représentants des médias, des syndicats et des policiers pour mettre en place -enfin!- un système incontestable. On l'attend toujours. Le gouvernement promet une réduction "spectaculaire" du déficit. C'est ce week-end qu'il finalise son projet de budget pour l'année prochaine. Et si on en croit le Figaro, comme les Echos, ce matin, il devrait afficher un déficit inférieur à 92 milliards d'euros, pour 2011. Comparés aux 152 milliards de cette année, l'amélioration est, tout à fait, inédite. Elle s'explique par des rentrées fiscales, prévues en hausse, l'année prochaine. Egalement par les économies réalisées sur les "niches fiscales". La fin des mesures du plan de relance allège, parallèlement le montant des dépenses. Tout comme l'arrêt des "décaissements" pour le Grand emprunt. Léger mieux. La croissance française, à l'instant, révisée à la hausse, par l'INSEE: +0,7% au 2ème trimestre. Pomme en grande forme. Apple devient la 2ème capitalisation boursière du monde. Avec un poids en bourse de 266 milliards de dollars, la société informatique se glisse entre 2 pétroliers: PetroChina (3ème) et ExxonMobil (1er). C'est le succès de l'ipad qui propulse, ainsi, Apple au plus haut.

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