Le démenti de vendredi n'avait pas réussi à faire taire les commentaires sur le mode du "flou prudemment entretenu", alors Jean-Marc Ayrault, hier, s'est montré beaucoup plus clair. "Augmenter la TVA pour financer la protection sociale, c'est une invention pure et simple" a dit, hier, le Premier ministre (c'était dans cet entretien accordé à Médiapart, déjà évoqué, il y a quelques instants). "Invention pure et simple": ceux qui parlaient du "retour de la TVA sociale" en sont pour le frais. Le démenti, désormais, est sans appel. On voit mal, après une telle déclaration, le même Premier ministre annoncer dans 2 mois, un relèvement général du taux de TVA. L'idée d'une hausse... ciblée, cette fois-ci (dans la restauration, par exemple, ou dans le bâtiment) semble même passer à la trappe, avec cette mise au point.A ce stade du récit, en tout cas, une précision: ces discussions ne concernent pas le budget 2013, qui sera présenté officiellement vendredi (lui, il est bouclé) mais sa révision, déjà programmée. Elle interviendra avant la fin de l'année. C'est ce qu'on appelle le "volet compétitivité". Son élaboration commencera avec la remise du rapport de Louis Gallois, dans 3 semaines. C'est dans ce cadre-là qu'est évoquée l'idée de basculer une partie des cotisations, payée par les entreprises, vers d'autres impôts, ou taxes. Dans la majorité, le projet ne fait pas l'unanimité. Ces élus, qu'on trouve dans les Commissions des finances des 2 assemblées, on pourrait les appeler le "lobby des conjoncturistes". Ils n'ont de cesse, disent-ils, d'alerter le Premier ministre (et le Chef de l'Etat mais dans une moindre mesure) sur ce qui se trame. "Attention, disent-ils lancer une réforme structurelle (pour abaisser le coût du travail en France), c'est bien mais l'urgence n'est pas là. L'urgence, c'est la croissance. La conjoncture. Et la croissance ne reviendra qu'en dopant la consommation des ménages. Il faut donc préserver leur pouvoir d'achat. C'est une politique de demande qu'il faut mener. Pas d'offre. Dans ce contexte, transférer les charges des entreprises sur les ménages (que ce soit par la TVA ou par la CSG, ou tout autre dispositif) serait "absurde", dit par exemple, le député Pierre-Alain Muet. Qui affirme avoir expliquer son point de vue, en ces termes, au Premier ministre, récemment lors d'un tête-à-tête. Le député socialiste veut croire que le démenti d'hier sur le retour de TVA sociale est un premier pas du Premier ministre dans le bon sens.

Pas tenable. La France est d'accord pour accorder plus de temps à la Grèce. C'est la première fois que Paris le dit aussi clairement. Jean-Marc Ayrault, hier, dans un entretien accordé au site web Mediapart, s'est dit favorable à l'idée d'accorder un délai supplémentaire à la Grèce pour redresser ses comptes. Athènes réclame 2 ans de plus. L'Allemagne et d'autres refusent. Pour le Premier ministre français, à l'inverse, "c'est oui". Mais à condition que le gouvernement grec soit "sincère" (c'est l'expression de Jean-Marc Ayrault) dans l'engagement des réformes.Pas tenable. Pour la France, Claude Bartolone met les pieds dans le plat. Le président socialiste de l'Assemblée Nationale, hier, a interpelé la Commission européenne, à propos de la limite à 3% du déficit. "C'est à elle de dire qu'on ne peut pas demander le même effort aux pays européens lorsqu'il y a de la croissance, et lorsqu'il n'y en a pas".

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