Hier soir, sur Twitter, Geoffroy Roux de Bézieux, le n°2 du Medef tentait, une nouvelle fois -une dernière fois, peut-être?- de convaincre sur l'opportunité, l'honnêté de la démarche. "Demain, écrivait-il, le Medef ouvre le débat. Créer 1 million d'emplois, c'est possible?". Pierre Gattaz a retweeté. Roux de Bézieux insistait dans un 2ème message: "ni provocations, ni surenchères mais des idées pour enrayer le chômage de masse". C'est peu dire que les responsables du Medef ont été agacés par la polémique de la semaine dernière sur leurs propositions "chocs" pour créer des emplois. Suppression de 2 jours fériés, travail du dimanche, dérogation au SMIC, remise en cause des 35h, la révélation des pistes du patronat dans les Echos a enflamé les débats. Au Medef, où la décision de reporter à aujourd'hui la présentation de ce texte avait été prise, avant l'article des Echos, on a du mal à s'en remettre. Comme souvent depuis l'arrivée de Pierre Gattaz, son entourage s'étonne, ou feint de s'étonner (c'est toute la question) que ses propos, ou ses propositions, soulèvent tant de critiques. Pour cette fois, son entourage explique que toutes les précautions avaient été prises: une copie du texte (la version qui sera finalement dévoilée, d'ailleurs) a été envoyé à l'exécutif. Qui n'a rien dit sur le fond, mais simplement demandé un report de sa publication. "Les représentants syndicaux, aussi, ont été prévenus" affirme un responsable de l'organisation patronale, "pourquoi, donc, ont-ils réagi de cette façon, sans même nous passer un coup de fil, sans attendre de lire l'intégralité de notre texte". Au Medef depuis, on cherche activement l'auteur de la fuite: "celui qui a fait ça voulait, clairement, planter l'initiative". "Ca vient forcément de l'interne, d'un permanent ou d'un patron": bonjour l'ambiance! Les responsables patronaux répétent, en tout cas, que cette initiative n'est pas une provocation mais une façon d'ouvrir le débat: "notre pays est-il à ce point bloqué qu'on ne puisse même pas discuter!" lâche un patron. Un patron qui n'y crois plus: "le mal est fait, c'est mort, ce texte est définitivement planté. C'est dommage. Je ne dis pas que le Medef détient la vérité, certaines des mesures qui seront présentées aujourd'hui sont criticables. Elles ne font, d'ailleurs, pas toutes l'unanimité au sein de l'organisation. Mais elles méritent, toutes, d'être analysées, discutées". "Si on ne change rien dans ce pays, dans 5 ans, on aura toujours 5 millions de chômeurs".

Bouderie. 4ème mois consécutif de "décollecte": en août, les retraits ont été econore supérieurs aux dépôts. Depuis la fin mai, le Livret A et le LDD, le Livret de Développement Durable, ont perdu 1,5 milliards d'euros d'encours.

Zéro. La forte baisse de la Bourse de Paris, hier: 1,8%. Ce sont les mauvais indicateurs publiés qui ont accéléré la tendance à la baisse. Investissement, exportation et même marge des entreprises, malgré le CICE, la croissance française ne montre aucun signe de redressement. La zone euro, non plus.

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