Ca fait un peu "mauvais perdant". Hier, au terme d'une visite à Berlin, François Baroin, notre ministre du Budget, répond à une question d'un journaliste sur la croissance allemande. Les chiffres ont été confirmés, quelques heures plus tôt: l'Allemagne a "sur-performé" au 2ème trimestre. Là où la France affiche (et se glorifie) d'un 0,6%, l'économie allemande a fait un bond de 2,2% au printemps. Un record, sur un trimestre, depuis la Réunification. Pour l'ensemble de l'année 2010, on anticipe, désormais, une croissance allemande à plus de 3%, le double de ce qu'on attend pour la France. Question, donc, à François Baroin, hier, à Berlin: est-ce qu'une telle performance vous fait envie? "Non, on ne regarde pas, ce résultat allemand avec envie, ni désir, ni amertume" répond le ministre français du budget qu'on a bien du mal à croire, évidemment. On ne peut s'empêcher de penser que quand la situation était inverse (en pleine crise, l'économie allemande a chuté bien plus violemment que l'économie française), les responsables, à Paris, ne manquaient pas de se comparer avec Berlin, et ne faisaient pas, alors, la "fine bouche" en vantant les résultats tricolores, et le modèle français. Aujourd'hui, François Baroin prèfère insister sur l'évidence: si l'Allemagne va très bien aujourd'hui, c'est avant tout une très bonne nouvelle pour la France qui reste son premier partenaire économique. Tout le monde sait ça depuis le lycée. Fermez le ban: "ne m'embêtez plus avec "l'Allemagne-qui-va-très-bien". Mais hier décidément, les Allemands avaient choisis d'être "taquins" avec les ministres français. Cette fois-ci, c'est Christine Lagarde qui est visée. En mars dernier (en pleine crise grecque, et alors qu'Angela Merkel rechignait à aider Athènes), elle avait critiqué le modèle allemand, exclusivement tourné vers l'exportation, un modèle qui écrase (pensait-elle tout haut) ses voisins européens. Christine Lagarde invitait alors le gouvernement allemand à se soucier un peu plus, de sa consommation intérieure, histoire que toute l'Europe en profite, en vendant ses produits aux Allemands. La réponse est venue, donc, hier: les chiffres publiés à Berlin, montrent que le "boom" allemand du 2ème trimestre (ce fameux +2,2%) tient quasiment autant des exportations, que de la consommation de ménages allemands. Les indicateurs le montrent: les Allemands affichent une vraie confiance en ce moment, et du coup, consomment. C'est nouveau. Un institut allemand n'hésiste plus, du coup, à annoncer une "decennie allemande" à venir. "Sans envie, ni amertume", évidemment côté français. Les chiffres du chômage, qui seront publiés ce soir, devraient être bons! Ce sont "Les Echos" qui le disent. Selon le quotidien économique, les statistiques officielle pour le mois de juillet (publiés à 18h) devraient montrer la poursuite de l'amélioration, constatée en juin à Pôle Elmploi. "Les Echos" révèle, encore, que le nombre des plans sociaux en France est en net recul, depuis le début de l'année, une baisse de 28%, sur 1 an. 2009, cela dit, avait été particulièrement meutrier. Attention quand même, affirme le journal, la situation dans les PME reste très tendue. La déprime des places boursières. Elles ont quasiment toutes reculé, hier (Paris, notamment), après la publication de très mauvais chiffres concernant l'immobilier américain, secteur d'où est parti la crise mondiale actuelle, et qui n'arrive pas à se redresser. Les ventes de logements anciens, aux Etats-Unis, ont chuté à un niveau pas vu depuis 15 ans. 2 millions... et plus? Jean-Claude Mailly, de Force ouvrière, prédit plus de 2 millions de manifestants, le 7 septembre prochain. Contre la réforme des retraites. Eric Woerth, de son côté, se dit prêt à recevoir les syndicats.

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