C'est officiel depuis hier soir (un communiqué de l'Elysée): Nicolas Sarkozy et François Filllon demandent à Jacques Attali, l'ancien conseiller de François Mitterrand, de réunir, à nouveau sa Commission, et de reprendre ses travaux. 2 ans (et 1 mois!) après la remise de son Rapport, qui avait marqué le début du mandat du Président de la République... rapport sur la "libéralisation de la croissance française". Attali et la quarantaine de membres de sa Commission, ne vont pas traîner: ils doivent se retrouver, dès cet après-midi. Une première version de leur nouveau rapport est attendu pour la mi-mai. Et la version définitive, avant l'été. Leur mission: avancer des propositions pour "gérer la sortie de crise". En langage officiel, ça donne: "tirer pleinement profit de la reprise en cours et inscire la France sur un chemin de croissance forte et durable". La Commission Attali reconstituée devra, également, dresser le bilan de la mise en oeuvre des 316 mesures qu'elle avait préconisées, début 2008. "316 mesures, 20 mesures fondamentales, et 8 grandes ambitions" précise toujours Attali, qui répond, en fait, déjà à la question, ce matin, dans les Echos: il estime que 2 tiers des propositions de 2008 ont été mises en oeuvre. Ou sont en passe de l'être. Testez-vous tout de suite, dans votre salle de bain ou votre cuisine: essayer de citer une seule mesure, issue de la Commission Attali, une mesure qui vous viendrait spontanément à l'esprit. Si c'est la suppression des départements à laquelle vous pensez: c'est raté. C'était, effectivement, une mesure du rapport, mais elle a été, d'emblée, récusée par le Président de la République. Trève d'ironie... évidémment, certaines idées de la Commission Attali "1" ont été reprises: la Loi de Modernisation de l'Economie, par exemple (adoptée à l'été 2008) s'est largement inspiré de ces réflexions, mais si on s'en souvient si peu, c'est que la crise est passée par là, évidemment: le demi-point de croissance supplémentaire promis, les emplois nouveaux annoncés, ne sont pas arrivés. Ne sont même plus une perspective. Mais "c'est pour cela que nous nous remettons au travail" explique Jacques Attali. Oubliant que jusqu'ici (mais les choses vont vite...) que c'est le Grand emprunt qui devait remplir cet office: assurer notre sortie de crise. La grève des aiguilleurs du ciel se poursuit. 4 heures de réunion, hier, n'ont rien donné. Jean-Louis Borloo, le ministre chargé du dossier, a eu beau affirmer que toutes garanties nécessaires ont été apportés aux personnels de la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) quant à leur statut et leurs avantages, les syndicats ont jugé ces avancées "insuffisantes". Ils estiment que le maintien de la DGCA au sein de la fonction publique d'Etat n'est pas garanti, dans la perspective d'une fusion du contrôle aérien au niveau européen: c'est le motif de cette grève. Les perturbations, dans les aéroports français, vont donc se pousuivrent aujourd'hui. Le préavis court jusqu'à samedi. Une évolution en "tolle ondulée" . C'est ainsi que Christine Lagarde décrit la tendance du chômage en France, pour les prochains mois. Il était en hausse, en tout cas en janvier: +19 mille 500 demandeurs d'emplois supplémentaires, pour la seule catégorie officielle. Les chômeurs de longue durée sont de plus en plus nombreux. Natixis. C'est la banque française qui a souffert le plus de la crise des subprimes: Natixis -filiale des Caisses d'Epargne et des Banques populaires- annonce, à nouveau ce matin, des pertes financières pour 2009: 1,7 milliard. Après quasiment 3 milliards en 2008.

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